MSF s'inquiète du sort de centaines de milliers de Nigérians

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    GENEVE, 10 mars (Reuters) - Des centaines de milliers de 
personnes sans travail et privées de toute aide humanitaire sont 
prises au piège dans le nord-est du Nigeria entre Boko Haram et 
l'armée qui y combat le groupe islamiste, estime Médecins sans 
Frontières (MSF). 
    Le directeur général de MSF Suisse, Bruno Jochum, vient 
d'effectuer une mission dans la région, en particulier dans 
l'Etat de Borno. La situation qu'il dépeint est grave. 
    "Des centaines de milliers de personnes aujourd'hui ne sont 
pas en mesure de recevoir la moindre aide humanitaire", a-t-il 
expliqué à Reuters. 
    "Ce qu'on voit, c'est une population civile qui depuis un 
peu plus de deux ans se trouve prise en étau entre, d'un côté, 
de violentes attaques du groupe Boko Haram, de l'autre des 
opérations de contre-insurrection très dures menées par les 
forces armées nigérianes."  
    Environ 800.000 personnes déplacées, des femmes, des enfants 
et des vieillards en majorité, vivent à proximité de la capitale 
de l'Etat de Borno, Maiduguri. Un quart d'entre elles sont dans 
des camps, selon MSF. 
    "Mais hors de la capitale, les gens sont souvent regroupés 
dans de petites villes, dans des camps sous supervision de 
l'armée nigériane", ajoute Bruno Jochum. "Mais ils ne peuvent 
pas bouger (...) ils ne peuvent rien planter. Ils sont coupés de 
tous leurs moyens de subsistance." 
    Depuis le début de l'insurrection lancée par Boko Haram il y 
a sept ans, les violences ont entraîné le déplacement de deux 
millions de personnes et fait 15.000 morts. 
    La situation sur le plan humanitaire dans l'Etat de Borno 
s'est un peu améliorée ces six derniers mois, avec la mise en 
place de programmes de distribution de nourriture, dit le 
représentant de MSF, mais elle demeure "très fragile". 
    Et des incidents comme le bombardement accidentel par 
l'aviation nigériane en janvier d'un camp de déplacés dans la 
ville de Rann ne font rien pour arranger les choses. 
    Ce bombardement, selon Bruno Jochum, a fait environ 150 
morts et le même nombre de blessés. 
 
 (Stephanie Nebehay, Gilles Trequesser pour le service français) 
 
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