MSF évacue six hôpitaux au Yémen après des frappes de la coalition

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 (Actualisé avec réaction de la coalition, § 2-3-4) 
    DUBAI, 19 août (Reuters) - L'ONG Médecins sans Frontières 
(MSF) s'est dit vendredi "contrainte" d'évacuer ses membres de 
six hôpitaux du nord du Yémen après le bombardement lundi d'un 
de ses établissements situé dans la province de Hajjah, dans le 
nord-ouest du pays, qui a coûté la vie à 19 personnes et en a 
blessé 24 autres. 
    La coalition mise en oeuvre par l'Arabie saoudite pour 
combattre les miliciens chiites Houthis a regretté cette 
décision et a appelé à la tenue de réunions d'urgence avec l'ONG 
humanitaire pour trouver le moyen de résoudre le problème. 
    Dans un communiqué diffusé par l'agence officielle de presse 
saoudienne SPA, elle réaffirme le nécessaire respect du droit 
humanitaire international et annonce qu'une équipe indépendante 
a été constituée pour enquêter sur les décès de civils. 
    MSF est l'une des rares ONG humanitaires internationales 
encore présentes au Yémen, où seize mois de combat entre les 
miliciens chiites alliés à l'Iran et la coalition soutenant le 
président en exil Abd-Rabbou Mansour Hadi ont fait plus de 6.500 
morts et conduit le pays au bord de la famine. 
    Des dizaines de bombardements ont touché des civils depuis 
le déclenchement, en mars 2015, des opérations militaires de la 
coalition réunie par Ryad. 
    Dans son communiqué, MSF annonce avoir "décidé d'évacuer son 
personnel des hôpitaux auxquels elle apporte un soutien dans les 
gouvernorats de Saada et Hajjah dans le nord du Yémen, 
précisément des hôpitaux de Haydan, Razeh, Al Gamouri  et Yasnim 
(gouvernorat de Saada) et des hôpitaux de Abs et Al Gamouri 
(gouvernorat de Hajjah)". 
    L'organisation humanitaire déplore que "les bombardements 
aériens ont continué alors que MSF avait systématiquement 
communiqué aux parties au conflit les coordonnées GPS des 
hôpitaux où ses équipes travaillent". 
    "Puisqu'il n'est plus possible de faire confiance dans la 
capacité de la coalition à éviter des attaques meurtrières, MSF 
estime que les hôpitaux situés dans les gouvernorats de Saada et 
Hajjah n'offrent aucune sécurité aux patients et au personnel." 
    Outre la frappe aérienne de la coalition saoudienne menée 
lundi sur un hôpital de Abs, "d'innombrables attaques ont été 
perpétrées sur d'autres structures et services de soins", 
poursuit l'ONG.  
    Une autre attaque aérienne a touché samedi ce que MSF a 
décrit comme étant une école dans la province voisine de Saada, 
tuant dix enfants.  
 
 (Omar Fahmy avec Mohammed Ghobari; Julie Carriat et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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