MSF demande une enquête indépendante pour son hôpital en Syrie

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    GENEVE, 18 février (Reuters) - Médecins sans Frontières 
(MSF) a demandé jeudi la tenue d'une enquête indépendante après 
le bombardement d'un hôpital que l'organisation finançait et 
approvisionnait dans le nord de la Syrie, qui a fait 25 morts 
lundi. 
    MSF a imputé ce bombardement, constitutif d'un crime de 
guerre, à l'aviation syrienne ou russe qui pilonnent le nord de 
la Syrie depuis plusieurs mois et ont intensifié leurs attaques 
depuis le début d'une vaste offensive visant à reprendre Alep 
aux insurgés. 
    Au moins 50 civils ont été tués lundi par des missiles qui 
ont détruit cinq hôpitaux et deux écoles, selon les Nations 
unies et des habitants. 
    L'hôpital de 30 lits soutenu par MSF à Marat Nouman, dans la 
province d'Idlib, à l'ouest d'Alep, a été détruit par plusieurs 
missiles qui ont tué neuf membres du personnel et 16 patients. 
    "D'après le récit de notre personnel sur place, quatre 
missiles ont frappé l'hôpital pendant une attaque qui a duré 
deux minutes. Quarante minutes plus tard, quand les secours sont 
arrivés, le site a de nouveau été bombardé", a déclaré Joanne 
Liu, présidente internationale de MSF. 
    "Cette attaque ne peut être considérée que comme délibérée. 
Elle a probablement été menée par la coalition dirigée par le 
gouvernement syrien qui est la plus active dans cette région", 
a-t-elle ajouté pendant une conférence de presse. 
    "Nous disons probablement car nous ne pouvons nous baser que 
sur les témoignages de notre personnel", a poursuivi Joanne Liu. 
"La seule force prédominante dans la région est la coalition du 
gouvernement syrien." 
    "Nous voudrions que les faits soient établis et nous sommes 
ouverts à d'autres mécanismes pour la tenue d'une enquête 
indépendante." 
    MSF a indiqué que les coordonnées GPS de l'hôpital n'avaient 
pas été transmises aux armées syrienne et russe à la demande du 
personnel local, qui craignait que cela n'accroisse le risque 
d'être bombardé. 
    "Nous savons que fournir de l'aide humanitaire dans les 
régions contrôlées par l'opposition est considéré comme une 
activité criminelle par le gouvernement syrien", a expliqué 
Isabelle Defourny, directrice des opérations de MSF France. 
 
 (Stéphanie Nebehay; Tangi Salaün pour le service français) 
 
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