MSCI sursoit à l'inclusion des actions "A" chinoises dans ses indices

le , mis à jour à 10:16
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HONG KONG/SHANGHAI, 10 juin (Reuters) - Le fournisseur d'indices pour les marchés financiers MSCI MSCI.N a dit à la Chine qu'elle devait poursuivre la libéralisation de ses marchés de capitaux avant que les actions réservées aux investisseurs chinois et libellées en yuan (actions "A") puissent être intégrées dans ses indices boursiers globaux. Cette décision constitue un revers pour Pékin qui cherche à promouvoir l'internationalisation de sa devise et à attirer des investisseurs étrangers. En dépit de la récente accélération des réformes des marchés financiers chinois, MSCI a dit que les investisseurs internationaux voulaient que Pékin aillent plus loin dans la levée des restrictions aux mouvements de capitaux avant d'inclure les actions "A" dans son indice des marchés émergents .MSCIEM , qui sert de référence à des fonds gérant quelque 1.700 milliards de dollars d'actifs. Les actions chinoises ont ouvert en baisse après cette annonce avant de rebondir pour finalement terminer en léger repli, l'indice CSI300 .CSI300 et l'indice composite de la Bourse de Shanghai .SSEC cédant 0,16% et 0,15%. Certains investisseurs internationaux s'étaient inquiétés des risques de déstabilisation et des coûts qu'aurait entraînés pour eux la nécessité d'investir sur le marché des actions "A" chinoises, d'une capitalisation de 9.000 milliards de dollars mais très volatil, si elles avaient été incluses dans les indices MSCI. REPIT BIENVENU "C'est un répit bienvenu pour les investisseurs internationaux et je soupçonne qu'il y a eu un soupir de soulagement général dans le monde de la gestion d'actifs ce matin", a dit Jonathan Ha, directeur général de Red Pulse, une société d'études sur les marchés financiers. "La balle est dans le camp de Pékin pour régler les questions sur les quotas (d'investissement) et de droits de propriété, mais c'est aussi un discret rappel aux investisseurs internationaux qu'ils doivent se tenir prêts. Les questions en suspens pourraient être réglées d'ici trois à six mois." L'inclusion des actions "A" chinoises dans les indices MSCI se serait traduite par l'injection d'environ 400 milliards de dollars sur le marché boursier domestique chinois en provenance de sociétés de gestion, fonds de pension et autres assureurs, selon les estimations de MSCI. Les hésitations du fournisseur d'indices reflètent les doutes de la part de gérants de fonds internationaux sur la volonté de Pékin de libéraliser complètement ses marchés de capitaux, le système des quotas d'investissement demeurant un obstacle "très significatif", selon Rémy Briand, directeur général et responsable de la recherche de MSCI. Le système de quotas utilisé par la Chine pour contrôler les entrées de capitaux sur son marché boursier n'est pas complètement transparent et n'assure pas un accès dans les mêmes conditions à tous les gestionnaires d'actifs. "Tous les investisseurs devraient bénéficier de quotas pour assurer une égalité de traitement", a dit Briand à Reuters. MSCI a aussi dit que la possibilité de faire entrer et sortir des fonds de Chine sur une base quotidienne serait déterminante. Or, cette possibilité n'est pas ouverte à tous les investisseurs. Ces derniers s'inquiètent aussi de la reconnaissance de leur droit de propriété dans le cadre de la législation chinoise. Briand a dit que MSCI continuerait d'évaluer les réformes chinoises dans leur "globalité" mais il n'a donné aucune indication sur le calendrier dans lequel il estimait que ces différentes questions pourraient être résolues. Il a ajouté que MSCI pourrait renvoyer sa décision au-delà de juin 2016 si un délai supplémentaire s'avérait nécessaire. MSCI prévoit un intervalle d'un an entre l'annonce et la mise en oeuvre de l'inclusion des actions "A" chinoises dans ses indices pour laisser le temps aux investisseurs d'adapter la composition de leurs portefeuilles. MSCI avait déjà proposé d'inclure les actions "A" dans ses indices en mars 2014 et avait dû y renoncer devant l'opposition de grandes sociétés de gestion internationales comme Vanguard, Fidelity ou Templeton qui avaient estimé à l'époque que Pékin n'avait pas fait assez pour faciliter les investissements sur ses marchés boursiers. (Michelle Price, Pete Sweeney, Marc Joanny pour le service français, édité par Bertrand Boucey)


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