MS804-Un sous-marin participe aux recherches au large d'Alexandrie

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    par Ahmed Aboulenein 
    LE CAIRE, 22 mai (Reuters) - Les autorités égyptiennes ont 
renforcé dimanche le dispositif de recherches en Méditerranée où 
le vol MS804 de la compagnie EgyptAir s'est abîmé cette semaine 
en envoyant un sous-marin dans la zone où se concentrent les 
opérations. 
    Le président égyptien Abdel Fattah al Sissi, qui s'exprimait 
pour la première fois en public depuis la disparition de 
l'avion, a prévenu que l'enquête sur les causes de la 
catastrophe aérienne prendrait du temps. 
    L'Airbus A320 de la compagnie égyptienne a disparu en mer 
avec 66 personnes à son bord alors qu'il effectuait dans la nuit 
de mercredi à jeudi la liaison entre Paris-Charles de Gaulle et 
Le Caire. Les premiers débris de l'appareil, ainsi que des 
restes humains, ont été repêchés vendredi à 290 km environ au 
nord d'Alexandrie. 
    Mais les enquêteurs n'ont pas encore trouvé trace des 
"boîtes noires" de l'appareil et les messages automatiques qui 
ont signalé la présence de fumées à bord avant le drame ne 
permettent pas d'en déterminer la cause.   
    "Pour l'heure, tous les scénarios sont possibles. Donc, s'il 
vous plaît, il est très important de ne pas bavarder ou de dire 
qu'il existe un scénario particulier", a dit le président 
égyptien qui participait dimanche à l'inauguration d'une usine 
sur le port de Damiette, sur la côte méditerranéenne. 
    Sissi a annoncé que du matériel de recherches avait été 
déployé par le ministère du Pétrole, dont un sous-marin capable 
de descendre à 3.000 mètres, la profondeur de la Méditerranée 
dans la zone des recherches. "Il est parti aujourd'hui dans la 
direction du lieu du crash de l'avion parce que nous travaillons 
avec ardeur pour récupérer les boîtes noires", a-t-il dit. 
    "Cela pourrait prendre longtemps, mais nul ne pourra cacher 
ces choses. Dès que les résultats seront disponibles, les gens 
seront informés", a-t-il ajouté. 
     
    "AUCUNE CONCLUSION" 
    Peu avant de disparaître des écrans radars, le vol MS804 a 
viré de 90 degrés vers la gauche, puis effectué une rotation 
complète et plongé, perdant rapidement de l'altitude pour passer 
de 37.000 pieds à 15.000 pieds (de 11.470 à 4.650 mètres), selon 
les autorités grecques. 
    Le système embarqué ACARS de communications, d'adressage et 
de compte rendu qui envoie régulièrement des données de vol de 
l'appareil à sa compagnie exploitante a émis peu avant la 
disparition une série de signaux faisant état de la présence de 
fumées suspectes à l'avant de l'appareil. 
    Mais ces messages "ne permettent de tirer aucune 
conclusion", a souligné samedi un porte-parole du Bureau 
français d'enquêtes et d'analyses (BEA), dont des experts 
participent à l'enquête en Egypte. 
    L'appareil transportait 66 personnes, dont 30 Égyptiens et 
15 Français. Dix autres nationalités étaient représentées à 
bord. 
    Des membres de leurs familles, regroupés par EgyptAir dans 
deux hôtels proches de l'aéroport du Caire, se préparent au 
pire. Difficilement parfois, comme Amal, dont la soeur, Samar 
Ezzedine, était hôtesse de l'air sur le vol MS804 et qui refuse 
d'admettre sa mort. "Elle ne veut pas rentrer chez elle ou 
s'éloigner de cette porte. Elle ne veut pas y croire", témoigne 
sa tante, Mona. 
    Des restes humains et des effets personnels appartenant à 
des passagers ont été récupérés en mer par la marine égyptienne, 
mais aucun corps n'a encore été repêché et aucune identification 
formelle n'est disponible. 
 
 (avec Amina Ismail au Caire et Tim Hepher à Paris; Nicolas 
Delame et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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