Mozambique: enquête sur l'explosion meurtrière d'un camion-citerne

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Un enfant brûlé dans l'explosion d'un camion-citerne est soigné à l'hôpital de Tete, au Mozambique, le 17 novembre 2016 ( AFP / AMOS ZACARIAS )
Un enfant brûlé dans l'explosion d'un camion-citerne est soigné à l'hôpital de Tete, au Mozambique, le 17 novembre 2016 ( AFP / AMOS ZACARIAS )

Les autorités mozambicaines cherchaient vendredi à élucider les circonstances de l'explosion accidentelle, la veille, d'un camion-citerne qui a fait au moins 60 morts et une centaine de blessés, dont des femmes enceintes et des enfants grièvement brûlés, selon un nouveau bilan officiel provisoire.

Une commission d'enquête a été mise en place pour déterminer les causes du drame qui s'est produit jeudi en zone rurale, non loin de la frontière avec le Malawi, à 90 km de la ville de Tete (ouest), la capitale de la province mozambicaine du même nom.

Selon les premiers éléments communiqués par les autorités locales, le camion effectuait la liaison entre le port mozambicain de Beira (centre) et le Malawi, et s’est arrêté avant la frontière pour vendre illégalement du combustible, une pratique fréquente au Mozambique.

"Le nombre de morts est passé (...) à 60", a déclaré le porte-parole du gouvernement provincial de Tete, Jose Mendonça, vendredi après-midi.

Explosion accidentelle au Mozambique
Explosion accidentelle au Mozambique ( AFP / Simon MALFATTO, Kun TIAN )

Plus tôt dans la journée, la directrice du cabinet du ministère de l’Information, Emilia Moiane, avait avancé le chiffre de 56 morts.

Mais le bilan pourrait être revu à la hausse car la police "est encore en train de chercher des corps, ou des blessés (...) partis à la recherche de secours", a estimé Maria-José Torcida, l’administratrice du district où s'est produite la catastrophe, précisant que les victimes seraient enterrées dans une fosse commune.

- Court-circuit -

Le président de la République Filipe Nyusi a parlé de "tragédie", estimant que "l'important était d'apporter de l'aide aux populations".

Le président de la République du Mozambique, Filipe Nyusi, fait un discours lors de la 71e Assemblée g&e
Le président de la République du Mozambique, Filipe Nyusi, fait un discours lors de la 71e Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 21 septembre 2016 ( AFP/Archives / Jewel SAMAD )

Un deuil national de trois jours a été décrété à partir de samedi. Trois ministres qui sont arrivés dans la région se rendront sur le lieu précis de l'explosion samedi.

Selon les premiers détails donnés par les autorités, un camion-citerne transportant du combustible a explosé jeudi après-midi dans la localité rurale de Caphiridzange.

"Les chauffeurs du camion étaient en train de transférer de l'essence dans un autre camion plus petit. Ils ont fui lorsqu'ils se sont aperçus d'un court-circuit", a expliqué Mme Moiane.

"Voyant que le camion était abandonné, la population est venue prendre de l'essence sans savoir qu'elle était déjà en train de brûler à l'intérieur du camion", a-t-elle poursuivi.

Selon les autorités mozambicaines, une centaine de personnes, dont des femmes enceintes et des enfants, ont été blessées.

"Malheureusement, nous avons toujours beaucoup de patients dans un état critique, y compris des enfants", a déclaré à l'AFP Veronica de Deus, directrice de l'hôpital de Tete où se trouvent les victimes les plus gravement atteintes.

"La grande majorité des patients ont des brûlures profondes très graves aux troisième et quatrième degrés et ont le corps brûlé à 80% voir 90%", a-t-elle précisé à la télévision nationale.

Les personnes toujours hospitalisées n'étaient d'ailleurs pas en mesure de répondre aux questions de la presse vendredi, a constaté un correspondant de l'AFP.

Devant l'afflux des blessés, des médecins de cliniques privées de Tete ont été appelés en renfort à l'hôpital.

Ce genre d'accident n'est pas rare sur le continent africain, où des camions-citernes attirent de nombreuses personnes qui profitent de leurs arrêts pour remplir illégalement bidons et jerricans.

En 2015, au Soudan du Sud, au moins 203 personnes avaient péri dans l'explosion d'un camion-citerne accidenté dont elles tentaient de récupérer la cargaison de carburant.

Cinq ans plus tôt, 292 personnes étaient mortes dans l'explosion d'un camion transportant du carburant en République démocratique du Congo.

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