Moubarak entre la vie et la mort, l'Egypte attend les résultats

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Moubarak entre la vie et la mort, l'Egypte attend les résultats
Moubarak entre la vie et la mort, l'Egypte attend les résultats

par Edmund Blair et Shaimaa Fayed

LE CAIRE (Reuters) - L'Egypte traverse une nouvelle période de turbulences alors qu'Hosni Moubarak lutte apparemment contre la mort et que la population attend fébrilement l'annonce officielle du résultat de l'élection présidentielle opposant un islamiste à un ex-général.

La commission électorale a indiqué ne pas être en mesure de publier les résultats jeudi comme prévu mais n'a pas donné de nouvelle date, a annoncé l'agence de presse officielle Mena.

La commission dit avoir besoin de plus de temps pour étudier les recours déposés par les deux candidats en lice au second tour, le Frère musulman Mohamed Morsi et le dernier Premier ministre du "raïs" déchu, Ahmed Chafik, qui ont revendiqué chacun la victoire.

"La commission (électorale) a décidé de poursuivre l'examen des recours, ce qui nécessite d'étudier des registres et des dossiers liés au processus électoral. Cela nécessitera un délai supplémentaire avant l'annonce des résultats définitifs", peut-on lire dans un communiqué publié mercredi.

Selon Omar Salama, membre du secrétariat de la commission électorale, Mohamed Morsi a déposé plus de 150 plaintes contre son rival Ahmed Chafik. Ce dernier en aurait déposé 221, selon le site internet du quotidien Al Ahram. Aucun chiffre n'a été annoncé officiellement mais les représentants des candidats dans chaque bureau de vote ont pu faire les comptes.

Un groupe américain chargé de superviser les élections a déclaré mardi ne pas pouvoir de dire si la présidentielle égyptienne s'était déroulée de manière libre et équitable faute d'accès suffisant aux bureaux de vote.

Différents responsables militaires ont par ailleurs annoncé au cours de la nuit qu'Hosni Moubarak, 84 ans, était inconscient et sous respiration artificielle, sans être toutefois "cliniquement mort" comme l'avait annoncé mardi soir l'agence de presse officielle Mena.

DOUBLE INCERTITUDE

Il n'était toujours pas certain, mercredi après-midi, qu'il ait été à un moment dans un état de mort clinique, défini par une absence d'activité cardiaque et respiratoire.

La santé du "raïs" déchu, qui a été transféré de la prison de Tora vers un hôpital militaire, fait l'objet de nombreuses spéculations depuis sa condamnation le 2 juin à la réclusion à perpétuité. Et le nom de son successeur n'est toujours pas connu seize mois après sa chute du pouvoir.

Après le second tour de l'élection présidentielle, samedi et dimanche, les Frères musulmans ont revendiqué la victoire pour leur candidat, Mohamed Morsi. Son adversaire, Ahmed Chafik, dernier Premier ministre d'Hosni Moubarak, a contesté cette annonce, se disant lui-même en tête.

Quel que soit le vainqueur, ses pouvoirs présidentiels ont déjà été considérablement amoindris par un décret du Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir, après avoir ordonné la dissolution du Parlement, dominé par les islamistes.

Les gros titres des journaux jeudi rendent compte de la double incertitude sur la santé d'Hosni Moubarak et le nom du futur président.

"Informations contradictoires sur la mort de Moubarak après une embolie cérébrale" et "Les 48 heures les plus cruciales de l'histoire de l'Egypte" s'enchaînent à la "une" d'Al Ahram, qui fait notamment allusion à l'examen par la commission électorale d'accusations de fraudes venues des deux camps.

DIFFICILEMENT IDENTIFIABLE

"Moubarak dans le coma entre la vie et la mort", choisit comme titre le journal Al Akhbar, dont la "une" indique également : "Le futur président dans le domaine de l'inconnu".

La chaîne privée de télévision Al Hayat a diffusé une vidéo du transfert d'Hosni Moubarak, sur laquelle on pouvait voir un patient - difficilement identifiable - allongé sur une civière et emmené hors d'une ambulance.

Une petite dizaine de personnes se sont rassemblées dans la nuit de mardi à mercredi autour de l'hôpital où avait été transféré l'ancien président. Aux côtés de simples badauds ayant appris l'arrivée d'un illustre patient, des sympathisants étaient venus manifester leur soutien.

"Moubarak est mort depuis que son peuple l'a condamné à la prison", disait Loola Yamani, 50 ans. "Son peuple l'a traité injustement et n'a pas respecté ses droits."

La direction de Tora avait jusqu'à maintenant refusé le transfert d'Hosni Moubarak, malgré les demandes pressantes de ses avocats, qui arguaient qu'il ne recevait pas un traitement adapté à son état de santé.

Aucune expertise médicale indépendante n'a permis jusqu'à présent de déterminer avec précision les maux dont souffrirait l'ancien "raïs". Les médias d'Etat rapportent une série d'affections qui vont de l'essoufflement aux crises cardiaques.

Bien que certains Egyptiens soupçonnent les militaires de travestir la réalité afin d'offrir à Hosni Moubarak une fin de vie plus confortable, le sort de l'ancien président semble désormais éclipsé par l'identité du nouveau.

"Les nouvelles sur la santé de Moubarak ne sont que de la spéculation", estime Maher Eid Hemdan, un retraité de 59 ans. "Il faudrait se fonder sur la réalité. On ne peut pas continuer à suivre les rumeurs."

Avec Marwa Awad; Julien Dury, Jean-Loup Fiévet et Hélène Duvigneau pour le service français

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  • LeRaleur le mercredi 20 juin 2012 à 18:49

    Au point où il en est, l'euthanasie est la meilleure des solutions. Où bien le remettre sur pied pour le pendre ensuite, non j'déconne.

  • bigot8 le mercredi 20 juin 2012 à 18:33

    qu ils reviennent ces dictateurs chasser les barbus

  • grossard le mercredi 20 juin 2012 à 09:38

    on s'en b.ranle !