Moubarak dément avoir ordonné le meurtre de manifestants

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(Actualisé avec citation, contexte) LE CAIRE, 13 août (Reuters) - Hosni Moubarak a démenti mercredi lors de son procès en appel devant la justice égyptienne avoir ordonné le meurtre de manifestants lors du soulèvement ayant abouti à son renversement début 2011. L'ancien président égyptien, au pouvoir pendant près de 30 ans, a été condamné en 2012 à la réclusion à perpétuité pour complicité de meurtres de manifestants lors de cette révolte de janvier-février 2011. Il a obtenu l'organisation d'un procès en appel. Il purge toutefois une autre peine de trois ans de prison pour corruption dans un hôpital militaire de Maadi, un quartier huppé du Caire. Hosni Moubarak, jugé avec ses fils et d'autres anciens responsables, dément toutes les accusations à son encontre et affirme avoir servi fidèlement son pays pendant 62 ans, d'abord comme officier puis comme président. "Hosni Moubarak, qui se trouve devant vous aujourd'hui, n'a pas du tout ordonné le meurtre de manifestants ni que le sang d'Egyptiens soit versé", a-t-il dit au tribunal en lisant une déclaration. "Et je n'ai pas émis de décret pour provoquer le chaos et je n'ai pas émis de décret pour créer un vide en matière de sécurité." Trois ans après le soulèvement contre Hosni Moubarak, un autre militaire, Abdel Fattah al Sissi, a été élu président après avoir présidé au renversement de l'islamiste Mohamed Morsi, premier chef d'Etat élu démocratiquement en Egypte. Le retour de l'armée aux manettes de l'Egypte s'est accompagné d'une répression déterminée contre les Frères musulmans, dont des milliers ont été tués ou arrêtés puis condamnés à mort à l'issue de procès collectifs. Certains chefs de file du soulèvement de 2011, issus des franges libérales et laïques de la société égyptienne, ont aussi subi les foudres du nouveau pouvoir et ont été condamnés à des peines de prison pour avoir participé à de petits rassemblements pacifiques malgré l'interdiction de manifester sans autorisation préalable des autorités. Certains alliés du régime Moubarak ont en revanche été libérés de prison. Le juge du procès en appel d'Hosni Moubarak a annoncé que le verdict devrait être rendu le 27 septembre. (Lin Noueihed; Bertrand Boucey pour le service français)

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