Motion de défiance en Afrique du Sud contre Jacob Zuma

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 (Ajoute contexte et déclarations) 
    LE CAP, 3 novembre (Reuters) - A la demande de l'opposition, 
une motion de défiance contre le président Jacob Zuma sera 
examinée le 10 novembre en Afrique du Sud par le Parlement. 
    Cela fait suite à la publication d'un rapport sur des 
accusations de trafic d'influence exercé par une riche famille 
d'hommes d'affaires dans la désignation de membres du 
gouvernement. 
    Le rapport ne met pas en cause explicitement Jacob Zuma mais 
il vient alimenter les appels en faveur d'une démission du chef 
de l'Etat. 
    Président depuis 2009, Jacob Zuma, 74 ans, a déjà été mis en 
cause dans plusieurs dossiers mais a toujours réussi à en sortir 
sans dommage avec le soutien de la direction du Congrès national 
africain (ANC), le parti au pouvoir. 
    Mais la persistance d'un chômage de masse et le 
mécontentement provoqué par ces scandales à répétition placent 
cette fois le chef de l'Etat dans une position plus délicate. 
    Plusieurs milliers de personnes -- membres de partis 
d'opposition, militants des droits civiques, syndicalistes et 
entrepreneurs -- ont manifesté devant le siège du gouvernement 
mercredi à Pretoria. 
    La police a fait usage de grenades assourdissantes et de 
canons à eau pour disperser les protestataires. 
     
    355 PAGES 
    Le chef de l'Alliance démocratique (opposition), Mmusi 
Maimane, a fait valoir que la motion ne devait pas être perçue 
comme émanant exclusivement de l'opposition. 
    "Je sais qu'il y a des députés et des ministres qui en ont 
assez. On leur offre l'occasion jeudi prochain d'exprimer leur 
colère", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. 
    L'ANC occupe les deux tiers des sièges parlementaires et un 
haut responsable du parti estime peu probable de voir des 
députés ANC voter en faveur de la motion de défiance. 
    La publication du document de 355 pages a été retardée 
pendant deux semaines par un recours du chef de l'Etat devant la 
Haute Cour de justice, recours auquel il a finalement renoncé. 
    Le texte, signé de l'ex-médiatrice de la République Thuli 
Madonsela, qui a quitté ses fonctions à la mi-octobre, réclame 
une enquête exhaustive dans un délai de trente jours. 
    Jacob Zuma doit répondre de l'influence qu'auraient exercée 
trois hommes d'affaires, Ajay, Atul et Rajesh Gupta, membres 
d'une riche famille d'origine indienne, dans la désignation de 
certains ministres. 
    Le président affirme ne jamais avoir accordé une influence 
indue aux trois frères, dont les activités vont du secteur des 
médias à l'exploitation minière. 
    Le rapport ne va pas jusqu'à dire que des délits ont été 
commis, l'ex-médiatrice estimant manquer d'éléments pour 
parvenir à de telles conclusions. 
    Mais il mentionne une intervention "extraordinaire et sans 
précédent" du gouvernement dans un contentieux économique entre 
les amis de Jacob Zuma et son propre fils, évoquant un "possible 
conflit d'intérêt entre le président en tant que chef d'Etat et 
son intérêt privé en tant qu'ami et père". 
 
 (Wendell Roelf, avec Tiisetso Motsoeneng à Johannesburg, Pierre 
Sérisier et Gilles Trequesser pour le service français, édité 
par Tangi Salaün) 
 
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