Mossoul-L'armée irakienne progresse vers Hammam al Alil

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    BAGDAD/BARTELLA, Irak, 2 novembre (Reuters) - Les forces 
irakiennes se sont rapprochées mercredi d'une ville thermale au 
sud de Mossoul, Hammam al Alil, que le groupe Etat islamique 
aurait transformé en centre de détention et d'exécution pour des 
centaines d'otages. 
    Les Nations unies ont fait état mardi d'informations d'après 
lesquelles les djihadistes cherchent à déplacer la population de 
Hammam al Alil, évaluée actuellement à 25.000 habitants, en 
faisant d'eux des boucliers humains pour parer aux attaques 
aériennes et aux tirs d'artillerie. 
    "Nous sommes très inquiets pour leur sécurité, ainsi que 
pour celle de dizaines de milliers d'autres civils qui ont été 
transférés de force par l'EI au cours des deux dernières 
semaines", a déclaré une porte-parole des Nations unies, Ravina 
Shamdasani. 
    Hammam al Ali, qui se trouve à 15 kilomètres au sud de 
Mossoul, comptait avant le conflit 65.000 habitants, selon un 
responsable de la région. 
    Les djihadistes auraient, dans la ville elle-même et dans 
des casernes, exécuté plusieurs centaines de personnes 
soupçonnées de projeter des soulèvements dans Mossoul et aux 
abords de cette grande ville, afin de soutenir la progression de 
l'armée irakienne. Selon les habitants de Mossoul et les ONG 
caritatives qui ont fait état de ces exécutions, les victimes en 
sont avant tout d'anciens membres de la police et de l'armée. 
    Les membres de l'unité d'élite irakienne CTS (Services 
antiterroristes) ont été les premiers à pénétrer dans Mossoul 
même, en s'emparant mardi des locaux de la télévision nationale, 
dans l'est de la métropole. Il s'agit de la première prise d'un 
bâtiment important dans la ville, où se trouvent autour de 1,5 
million de civils. 
     
    MOINS DE TENSION AVEC LA TURQUIE 
    Un officier de CTS, Abdoul Ghani al Assadi, a déclaré à la 
presse à Bartella, village à l'ouest de Mossoul, que l'unité 
allait marquer une pause sur le front est, en raison 
d'intempéries. 
    "Si Dieu le veut, la phase suivante commencera dans les 
heures qui viennent; cela dépendra de la météo", a-t-il dit en 
ajoutant qu'un couvre-feu avait été imposé dans le faubourg est 
de Kokjali, qui vient d'être reconquis, afin de protéger la 
population des obus de mortier tirés par les djihadistes. 
    Des peshmergas (combattants kurdes) sont également déployés 
sur les front est et nord de la ville, tandis que des miliciens 
chiites irakiens, appuyés par l'Iran, attaquent l'EI à l'ouest 
de Mossoul. 
    L'entrée en lice de miliciens chiites pro-iraniens inquiète 
fortement la Turquie, qui a déployé des troupes au nord de la 
ville l'an dernier pour entraîner et soutenir des volontaires 
arabes sunnites, lesquels veulent aussi s'engager dans la 
bataille de Mossoul. 
    La Turquie a entrepris de déployer des chars et autres 
véhicules blindés dans la ville turque de Silopi, proche de la 
frontière irakienne. 
    Le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, a déclaré lors 
d'une conférence de presse à l'issue du conseil des ministres, 
mardi à Bagdad, que les tensions avec Ankara s'étaient apaisées 
au cours de la semaine écoulée, mais il a assuré que les 
Irakiens riposteraient à toute "violation" de leur territoire. 
 
 (Maher Chmaytelli et Stephen Kalin; Eric Faye pour le service 
français) 
 
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