Mossoul-En fuite, L'EI multiplie exécutions et prises d'otages

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    par Babak Dehghanpisheh, Stephen Kalin et Andrew Roche 
    ERBIL/MOSSOUL, Irak, 27 octobre (Reuters) - Les djihadistes 
de l'Etat islamique (EI) ont exécuté au cours des derniers jours 
des dizaines de prisonniers issus de villages d'où le groupe a 
été repoussé par l'armée irakienne près de Mossoul, ont annoncé 
mercredi des responsables de la région. 
    La plupart des prisonniers tués étaient d'anciens membres de 
la police et de l'armée irakiennes qui vivaient dans cette zone 
au sud de Mossoul contrôlée par l'EI, a dit à Reuters Abdul 
Rahman al-Waggaa, membre du conseil de province de Ninive. 
    Les djihadistes les ont forcé à quitter leurs maisons avec 
leurs familles pour les emmener vers Hammam al-Alil, à 15 km au 
sud de Mossoul, où ont eu lieu les exécutions, a dit ce 
responsable depuis Erbil, bastion kurde à 80 km à l'est. 
    Les hommes ont été abattus par balle, a-t-il précisé, citant 
le témoignage de villageois et de personnes déplacées présentes 
sur place.  
    Ces exécutions avaient pour but "de terroriser les autres, 
ceux qui sont à Mossoul en particulier", et d'éliminer les 
prisonniers, a-t-il dit. "Daesh a pris des familles dans chaque 
village qu'il a quitté", a dit le responsable, utilisant 
l'acronyme arabe de l'organisation djihadiste. 
    Selon Hoshiyar Zebari, un responsable politique kurde et 
ex-ministre irakien, à Erbil, l'EI a exécuté 65 personnes au sud 
de Mossoul il y a trois jours.  
    Les djihadistes ont rassemblé des otages dans les villages 
d'al-Hudd et al-Lazzaga, au nord de Qayara, après qu'une révolte 
a éclaté contre eux la semaine dernière pour soutenir l'avancée 
de l'armée.  
    Plus de vingt personnes ont été exécutées dans ces deux 
villages en réponse au soulèvement, a précisé Hoshiyar Zebari. 
Leurs familles restent selon lui détenues par les djihadistes à 
Hammam al-Alil ou à Mossoul. 
     
    BOUCLIERS HUMAINS 
    Mercredi, l'EI maintenait ses défenses sur le front sud de 
la ville, où sont massées les troupes irakiennes. Une unité 
d'élite irakienne a tenté de contourner le front par l'est pour 
accélérer l'avancée des troupes, et y attendait désormais des 
renforts. 
    Dans leur avancée, les forces irakiennes témoignent de 
nombreuses prises d'otage; des civils sont enlevés pour être 
utilisés comme boucliers humains dans Mossoul par les 
combattants djihadistes.  
    "Daesh a essayé de nous prendre comme boucliers humains mais 
nous nous sommes échappés", rapporte Mahmoud Ali Khalaf, à Nana, 
un village abandonné par les djihadistes à vingt minutes de la 
ligne de front des combats. "Ils nous emmenaient à Mossoul pour 
se protéger." 
    Les djihadistes font en outre un usage massif de véhicules 
piégés pour contrer l'avancée de l'armée, selon le commandant 
des opérations de Mossoul, le général Najm al Jabouri, qui 
précise que ses soldats ont détruit au moins 95 voitures piégées 
depuis le début des opérations le 17 octobre. 
    Les Nations unies craignent que l'EI, dans une politique de 
terre brûlée, ne fasse usage d'armes chimiques. Une usine de 
soufre au sud de Mossoul, incendiée par les djihadistes la 
semaine dernière, continue de répandre des fumées toxiques. A 
Nana, Mahmoud Ali Khalaf rapportait que ses enfants avaient 
développé des problèmes respiratoires à cause des fumées. 
    Mardi, le porte-parole du Haut-Commissaire aux droits de 
l'homme de l'Onu, Rupert Colville, avait fait état de nombreuses 
exactions et massacres de l'EI autour de Mossoul.   
 
 
 (Babak Dehghanpisheh à Mossoul; Stephen Kalin et Michael Georgy 
à Erbil; Avec Maher Chmaytelli à Bagdad; Julie Carriat pour le 
service français) 
 
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