Moscovici voit dans le scrutin italien un appel à plus de croissance

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LE SCRUTIN ITALIEN MONTRE QUE L'EUROPE A BESOIN DE PERSPECTIVES DE CROISSANCE, SELON MOSCOVICI
LE SCRUTIN ITALIEN MONTRE QUE L'EUROPE A BESOIN DE PERSPECTIVES DE CROISSANCE, SELON MOSCOVICI

par Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - L'issue des élections italiennes, avec une forte montée du vote protestataire, montre que l'Italie, comme l'Europe, a besoin de perspectives de croissance pour équilibrer les sacrifices demandés à son peuple, a déclaré mardi Pierre Moscovici.

Le ministre français de l'Economie et des Finances, qui s'exprimait dans le cadre d'un sommet organisé par Reuters sur la zone euro, a estimé en outre qu'un rétablissement de la croissance était un "préalable" à tout progrès vers plus d'intégration européenne.

Pour lui, l'impasse qui semble découler du scrutin italien est "sans doute une préoccupation". Mais il a espéré que le dirigeant de centre gauche Pier Luigi Bersani serait en mesure de former un gouvernement "équilibré et réformiste".

En attendant, il a estimé que le travail de réformes "sérieux" mené par le président du Conseil sortant Mario Monti était "sans doute nécessaire à un moment donné".

Mais l'Union européenne ne peut se contenter de demander à ses membres de rétablir leurs finances publiques quoi qu'il en coûte. "Le message de l'Italie, c'est : attention, quand on se trouve dans une situation où on demande pendant une durée longue à des peuples de faire des sacrifices, alors il peut y avoir à la fin des rébellions", a dit Pierre Moscovici.

Le risque est que le résultat des élections italiennes, où l'ex-humoriste Beppe Grillo a réalisé une percée, trouve sa traduction dans chaque pays, a-t-il poursuivi.

"En France, n'oublions pas qu'aux dernières élections présidentielles, madame Le Pen a fait près de 20%, c'est pas un comique, là, pour le coup, mais c'est toujours sinistre !"

C'est pour cette raison que le gouvernement français, confronté à des perspectives de stagnation de l'économie en 2013, discute avec Bruxelles pour obtenir un report à 2014 de son objectif de déficits publics ramenés à 3% du PIB.

DIALOGUE SEREIN

Pour remédier à cette situation, l'Europe a besoin, en plus de la nécessité du sérieux budgétaire, "d'une autre perspective, celle de la croissance", a dit Pierre Moscovici, réitérant ainsi la position défendue par François Hollande.

Il en va, selon lui, de la poursuite de l'intégration au sein de l'Union et de la zone euro.

"Une Europe qui resterait dans cette situation de stagnation au mieux, de récession au pire, avec une croissance molle, ne peut pas aller beaucoup plus loin dans l'intégration parce que les peuples ne voudront pas", a ajouté cet Européen convaincu.

"Les Européens ne croiront de nouveau à l'Europe que s'ils voient des perspectives de croissance et d'emploi. S'ils jugent que l'Europe est trop éloignée d'eux, qu'elle n'est synonyme que de sacrifices et qu'elle ne crée pas d'équité, alors il n'y a aucun besoin d'institutions plus solides".

Le ministre français a assuré qu'il n'y avait pas de divergence entre la France et l'Allemagne sur la question de la croissance, même si la position de Paris rencontre peu d'écho outre-Rhin.

La France défend en outre la nécessité pour les pays dont les finances publiques sont en bonne santé d'agir "pour faire en sorte que leur demande intérieure contribue à l'essor de la zone euro tout entière".

"Nous devons avoir ces débats-là tranquillement, sereinement, sans agressivité. Je pense que c'est possible", a dit Pierre Moscovici, en estimant que la faiblesse de la croissance économique faisait que "ces préoccupations commencent elles aussi à émerger en Allemagne".

"L'Allemagne n'a pas intérêt en quoi que ce soit, et elle le comprend, à ce que le reste de l'Europe soit en récession, à ce que la France soit affaiblie (...) nous devons avoir un dialogue sur comment coopérer pour que l'Europe soit plus solide", a-t-il dit.

Avec Mark John et Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse

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  • pollux94 le mardi 26 fév 2013 à 17:20

    Après le NON au traité de LISBONNE de la FRANCE, le REVOTE GREC, eh bien l'ITALIE vient à son tour de dire STOP cette EUROPE.C'est ça le MESSAGE !!!!! OUVREZ LES YEUX MESSIEURS LES POLITICIENS !!!!!Nous en sommes arrivé au point de devoir promouvoir les produits nationaux alors que nous sommes dans l'EUROPE !!!!?

  • pollux94 le mardi 26 fév 2013 à 17:15

    POLITICIENS OUVREZ LES YEUX BORDEL !!!Les gens en ont marre de cette EUROPE sans direction, sans consensus, sans décision, où chacun se tire la bourre.......Tout ça pour contenter une minorité de politiciens idolatrant un modèle qui ne vaut rien et qui détruit tout sur son passage !!!

  • M6575115 le mardi 26 fév 2013 à 17:00

    c'est bien il est voyant. Il a deja la boule de cristal sur la tete

  • C177571 le mardi 26 fév 2013 à 16:53

    Si il suffisait de parler de croissance pour qu'elle arrive,nous aurions une croissance asiatique. On est plutot dans François et le pot au lait.

  • saxxxo le mardi 26 fév 2013 à 16:46

    Il voit bien ce qui l'arrange celui là... quel bouffon

  • M9566237 le mardi 26 fév 2013 à 16:46

    La langue usée, les bras tout neufs...

  • couvidat le mardi 26 fév 2013 à 16:45

    pour avoir de la croissance il faut de la confiance

  • M9566237 le mardi 26 fév 2013 à 16:44

    L'Europe est malade, les peuples n'en veulent plus...

  • TL70190 le mardi 26 fév 2013 à 16:26

    il marche a vue sans boussole et sans mode opératoire

  • bordo le mardi 26 fév 2013 à 16:17

    Moi j'adore les socialistes. Ils sont formidables. De la même manière que M. Moscovici n'avait pas vu la légère addiction de DSK au radada, il ne voit pas que pour attraper la croissance, il faut un appât qui s'appelle... la confiance. Et qu'un gouvernement qui dit moins de chômage, moins de déficit et pause fiscale et qui se déjuge quelques semaines plus tard, et bien ce n'est pas vraiment vraiment adroit. Cela inquiéterait même les esprits chagrins. Ils sont formidables, vous dis-je.