Moscovici promet de tenir compte du « ras-le-bol fiscal »

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Contraint par la promesse de tenir les déficits publics, le ministre de l'Économie prépare les esprits - en attendant le retour de la croissance - à de nouvelles hausses de prélèvements.

«Ras-le-bol». Le mot est lâché. Hier, Pierre Moscovici a reconnu qu'il y a, en France, un problème avec le niveau des impôts. «Je suis très sensible à ce ras-le-bol fiscal que je ressens de la part de nos concitoyens, qu'ils soient des ménages, des consommateurs ou qu'ils soient des entreprises», a confessé le ministre de l'Économie au micro de France Inter. Ce sentiment, «nous l'écoutons», a même renchéri Pierre Moscovici.

Le locataire de Bercy choisit ses mots. Il aurait pu, comme l'a encore fait récemment François Hollande, reprendre l'«élément de langage» selon lequel l'exécutif n'augmen­tera les impôts que si c'est «indispensable» et «dans l'idéal le moins possible». Le fait est que les Français vont ressentir, l'année prochaine encore, le poids des prélèvements obligatoires. Et Pierre Moscovici sait que - sauf à perdre sa crédibilité - rien ne sert de le nier. Alors autant l'avouer.

Le ministre de l'Économie n'a en réalité pas le choix: bien qu'il ait obtenu un sursis de deux ans de Bruxelles pour rétablir les comptes du pays, le gouvernement s'est engagé à ramener son déficit public à 3,7 % dès l'an prochain. Ce qui veut dire qu'il lui faudra tailler dans les dépenses, mais que l'effort à consentir passera aussi par des impôts supplémentaires.

L'exécutif a néanmoins bien compris qu'il ne pourra pas - après les 22 milliards d'efforts de 2012 et les 24 milliards de 2013 - réclamer autant l'année prochaine aux Français. «C'est la raison pour laquelle, dans le redressement nécessaire, nous inverserons les proportions par rapport à 2013 entre les économies qui doivent être prioritaires et les prélèvements obligatoires qui doivent être aussi peu importants, aussi faibles que possible», a redit Pierre Moscovici, qui martèle ce message depuis des semaines - en évoquant deux tiers de baisse des dépenses pour un tiers de hausse des prélèvements.

Jeu d'équilibristes

Selon les orientations présentées en juillet, la France doit trouver 20 milliards d'euros en 2014. Le programme de stabilité envoyé par le gouvernement fin avril à Bruxelles prévoit 6 milliards de hausse de prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales) en 2014, hors impact de l'augmentation de TVA. L'effet de certains dispositifs fiscaux en place s'essoufflant, Bercy doit en outre trouver 6 milliards de plus. Dans la mesure où le ministère des Finances compte sur 2 milliards venant de la lutte contre la fraude fiscale, c'est donc au moins 10 milliards supplémentaires qui seront prélevés l'année prochaine auprès des ménages et des entreprises. Sans compter les hausses, CSG en tête, qui devraient être arrêtées dans le cadre de la réforme des retraites (voir ci-dessous)!

C'était d'ailleurs un drôle de jeu d'équilibristes auquel se sont livrés hier Pierre Moscovici, assurant d'un côté comprendre la saturation des Français, et Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, confirmant de l'autre que la hausse de la CSG était une «option qui a sa cohérence»...

Bref, malgré le soin que met l'exécutif à adoucir son discours, le «ras-le-bol fiscal» risque de durer encore un peu. Autant donc prévenir les Français. Ce n'est qu'en 2015 que Bercy prévoit la stabilité des prélèvements obligatoires. D'ici là, le gouvernement aura présenté fin septembre un budget 2014 dont «les modalités sont compatibles avec le retour de la croissance», assure Pierre Moscovici. Lequel s'est de nouveau félicité hier que la France soit «sortie de récession». Il a même assuré que, si 0,1 % de progression du PIB était toujours l'hypothèse officielle pour cette année, il n'excluait pas que le chiffre soit finalement «meilleur». Un peu, donc, comme si le ministre demandait aux contribuables d'être confiants et patients, en attendant d'être récompensés pour leurs efforts...

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  • r.espic le mercredi 21 aout 2013 à 14:28

    Qu'il s'occupe de son étudiante.

  • tamporel le mercredi 21 aout 2013 à 14:23

    Moscovici tient compte du ras le bol. Valls prends note et fait des allers-retour paris-Marseille. Vous voyez pas qu'ils vous menent en bateau . Il faut les sortir du gouvernement tous ces bons à rien.

  • fignar le mercredi 21 aout 2013 à 13:58

    alors il faut qu'il en parle à Marisol !

  • roulio86 le mercredi 21 aout 2013 à 13:52

    perso j'ai tenu du ras le bol de taxes et impots depuis se gouvernement et je ne fais plus aucun investissement,mobilier et immobilier.....

  • rgrenec1 le mercredi 21 aout 2013 à 12:38

    j'ai trouvé : pigeons, sauf que pas voyageurs, français, il est bon mon pigeon français, qui en veut, 80% minimum de taxes sociale et fiscale, il est bon mon pigeon... lol

  • rgrenec1 le mercredi 21 aout 2013 à 12:36

    l'autre problème est que le téléphone est coupé au sein du gouvernement, l'un prend en compte le raz le bol fiscal et l'autre reforme les retraites en augmentant les impots, retablissons les liaisons entre les membres du gouvernement, même en direct, au sein du conseil des ministres, ils n'y arrivent pas, quelles options : facebook, twitter, sms, mail ?

  • matt62 le mercredi 21 aout 2013 à 12:26

    vive marine

  • xela78 le mercredi 21 aout 2013 à 11:20

    Le gros problème de ces demeurés c'est qu'ils ne font rien en pensant à la FRANCE mais ils le font en pensant à leur partie (enfin pour ceux qui en ont je ne parle pas des enuques.).Quand vous pensez que les socialistes ont défilés dans les rues contre l'allongement de la durée de cotisation des retraites et que prenant le pouvoir ils font pire.C'est de l'abus de pouvoir du mensonge etc..

  • pascalcs le mercredi 21 aout 2013 à 11:00

    Comme disait Margaret Thatcher, un jour ou l’autre les Socialistes se retrouvent toujours à sec de l’argent qu’ils n’ont pas gagné mais qu’ils pompent sans retenue. Il est fort peu probable que M. Moscovici déroge à ce principe.

  • supersum le mercredi 21 aout 2013 à 10:46

    L'impôt tue l'impôt est bien vrai