Moscovici condamne la prime prévue pour l'ex-patron d'Air France

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Moscovici condamne la prime prévue pour l'ex-patron d'Air France
Moscovici condamne la prime prévue pour l'ex-patron d'Air France

PARIS (Reuters) - Le représentant de l'Etat à l'assemblée générale d'Air France-KLM aura pour instruction de s'abstenir de valider la prime de non-concurrence de 400.000 euros prévue pour l'ancien directeur général de la société Pierre-Henri Gourgeon, a annoncé mardi le ministre de l'Economie Pierre Moscovici.

L'Assemblée générale de la compagnie, dont l'Etat détient une partie du capital, doit avoir lieu jeudi.

"Les indemnités et primes versées à l'ancien directeur général d'Air France-KLM Pierre-Henri Gourgeon et validées par le précédent gouvernement, ne s'inscrivent pas dans le sens des règles de modération salariale et de décence dans les comportements annoncées par le Président de la République", écrit dans un communiqué Pierre Moscovici.

"Le représentant de l'Etat aura pour instruction de s'abstenir de valider l'indemnité de 400.000 euros (...) au moment où l'entreprise connaît une situation difficile", ajoute-t-il, soulignant que l'Etat attend un "comportement exemplaire en matière de rémunérations des dirigeants", et que le gouvernement définira "très rapidement" de nouvelles règles sur la rémunération des patrons.

François Hollande a promis de fixer un éventail maximal de 1 à 20 des rémunérations dans les entreprises publiques. Cette promesse de campagne, qui est programmée pour la fin mai et devrait prendre la forme d'un décret, s'appliquera aux contrats en cours, a confirmé mardi le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

La semaine dernière, le syndicat aérien Unsa avait enjoint l'ensemble des actionnaires, des salariés, et l'Etat de refuser le versement de cette prime de non-concurrence à Pierre-Henri Gourgeon.

Face aux protestations, Air France-KLM avait publié une mise au point écrite où elle expliquait que la prime avait déjà été versée, qu'elle répondait aux obligations et aux usages, et que les actionnaires ne pouvaient pas revenir dessus.

Pierre-Henri Gourgeon, évincé en octobre 2011 de la direction générale d'Air France-KLM en raison de la mauvaise situation de la société, déficitaire et endettée, percevait un salaire annuel de 750.000 euros, auquel s'ajoutait une part variable de 263.000 euros.

À son départ, il a reçu une indemnité - un "parachute" - de 1,125 million d'euros, plus la fameuse indemnité de non-concurrence de 400.000 euros, en échange du respect d'un engagement de non-concurrence pour trois ans, selon les documents officiels de la société.

Chine Labbé

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