Moscovici (CE) parle de progrès sur la Grèce, Lagarde prudente

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    par Jan Strupczewski 
    WASHINGTON, 16 avril (Reuters) - La Grèce et ses créanciers 
internationaux ont progressé à Washington vers un accord qui 
permettrait de débloquer de nouveaux prêts à Athènes mais les 
discussions se poursuivront jusqu'à la réunion des ministres des 
Finances de la zone euro le 22 avril, a déclaré Pierre 
Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques et 
monétaires.  
    Les discussions sur les réformes que le gouvernement grec 
doit mettre en oeuvre en échange de nouvelles aides financières 
ont été suspendues le temps des réunions du Fonds monétaire 
international (FMI) à Washington ces derniers jours, mais des 
réunions bilatérales sur le dossier ont eu lieu dans la capitale 
américaine.  
    Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, a ainsi 
rencontré son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, le 
secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, le président de la 
Banque centrale européenne, Mario Draghi, ou encore la 
directrice générale du FMI, Christine Lagarde et le président de 
l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.  
    "De bons progrès ont été faits ces derniers (...) jours et 
il faudra en faire encore pour atteindre le stade où nous 
pourrons conclure la revue (des réformes grecques)", a dit 
Pierre Moscovici.  
    La conclusion de cette "revue" est une condition clé du 
déblocage de nouveaux prêts prévus et de l'ouverture future de 
discussions sur un allègement du fardeau de la dette grecque. 
     
    PAS DE RÉSULTATS "IMMÉDIATS", PRÉVIENT LAGARDE 
    Pierre Moscovici a ajouté que les représentants des 
créanciers retourneraient à Athènes la semaine prochaine pour 
préparer la réunion de l'Eurogroupe convoquée à Amsterdam 
vendredi.  
    Il a précisé que cette réunion était censée permettre "des 
progrès importants" mais que son succès dépendrait de l'issue 
des discussions du début de la semaine prochaine.  
    "La volonté politique de parvenir à un accord est présente 
chez toutes les parties", a-t-il assuré.  
    Les discussions achoppent entre autres sur la réforme des 
retraites grecques, les modifications à apporter au barème de 
l'impôt sur le revenu et le traitement des créances douteuses du 
système bancaire.  
    "Nous avons besoin que toutes les réformes (...) soient 
adoptées de manière crédible", a dit Pierre Moscovici.  
    La Grèce et ses créanciers sont aussi en désaccord sur 
certains objectifs budgétaires, à commencer par celui d'un 
excédent primaire (hors service de la dette) de 3,5% du produit 
intérieur brut (PIB) en 2018 et au-delà. Le FMI juge cet 
objectif irréaliste avant plusieurs décennies.  
    "Le protocole d'accord (avec la Grèce) ne parle pas de 
décennies, il parle de 2018, et ce que nous cherchons à 
atteindre, c'est 3,5% en 2018", a réaffirmé Pierre Moscovici. 
    Le FMI préconise de ramener cet objectif à 2,5% du PIB et 
d'accorder à Athènes un allègement du fardeau de sa dette en 
prolongeant certaines échéances et en suspendant temporairement 
le paiement des intérêts.  
    Christine Lagarde a déclaré samedi que les représentants du 
FMI seraient eux aussi de retour à Athènes la semaine prochaine 
mais elle a prévenu qu'il ne fallait pas anticiper des résultats 
"immédiats". 
    "Il y a beaucoup de travail à faire, donc ne vous attendez 
pas à des résultats immédiats parce que ce genre de choses prend 
du temps", a-t-elle dit.  
 
 (avec Leika Kihara; Marc Angrand pour le service français) 
 
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