Moscou va revoir ses relations avec la Turquie, dit Lavrov

le
0
 (Actualisé, Lavrov ne verra pas son homologue turc, §7) 
    MOSCOU/ANKARA, 25 novembre (Reuters) - Le ministre russe des 
Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé mercredi que la 
destruction d'un avion russe par la chasse turque, la veille à 
la frontière entre la Syrie et la Turquie, était un acte 
prémédité qui aurait des conséquences sur les négociations de 
Vienne consacrées au conflit syrien. 
    Il a ajouté que la Russie n'avait pas l'intention de se 
lancer dans une guerre contre la Turquie mais allait revoir 
"sérieusement" ses relations avec ce pays à la lumière de ce 
grave incident.  
    Le ministre russe a dit espérer que cette affaire ne sera 
pas utilisée pour défendre l'idée d'une zone d'exclusion 
aérienne au-dessus du nord de la Syrie, à laquelle la Russie est 
opposée. 
    Pour Sergueï Lavrov, ce n'est un secret pour personne que 
les terroristes djihadistes utilisent le territoire turc dans le 
cadre de leurs opérations. 
    Il a ajouté que Moscou allait demander au Conseil de 
sécurité des Nations unies de se pencher sur les circuits de 
financement des djihadistes qui contrôlent une grande partie de 
l'Irak et de la Syrie. 
    A Ankara, le ministère turc des Affaires étrangères avait 
annoncé en fin de matinée que le chef de la diplomatie turque, 
Mevlut Cavusoglu, avait eu mercredi un entretien téléphonique 
avec son homologue russe et que les deux hommes étaient convenus 
de se rencontrer dans les prochains jours. 
    Moscou a rapidement démenti une telle rencontre. "Lors d'une 
conversation téléphonique entre (Sergueï) Lavrov et le ministre 
turc des Affaires étrangères, le ministre russe n'a accepté 
aucune rencontre", a souligné Maria Zakharova, porte-parole du 
ministère des Affaires étrangères, à l'agence de presse 
Interfax. 
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dit mercredi 
souhaiter éviter l'escalade de la tension entre les deux pays. 
    A Moscou, le président Vladimir Poutine a accusé les 
dirigeants turcs d'avoir encouragé l'islamisation de leur 
société. "Le problème, ce n'est pas la tragédie à laquelle nous 
avons assisté hier (...) Le problème est situé bien plus en 
profondeur. Ce que nous observons depuis un certain nombre 
d'années, c'est un régime turc qui mène une politique délibérée 
de soutien à l'islamisation de son pays", a-t-il dit. 
 
 (Maria Kiselyova et Jack Stubbs, avec Tulay Karadeniz, Guy 
Kerivel pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant