Moscou se félicite des propos de Merkel sur Assad

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(Actualisé avec éléments de contexte, intègre la dépêche SYRIE-CONFLIT/RUSSIE-MERKEL) MOSCOU, 25 septembre (Reuters) - La Russie, passée à l'offensive sur la question syrienne, a salué vendredi les propos de la chancelière allemande Angela Merkel qui a estimé cette semaine qu'il fallait parler avec de nombreux acteurs, dont le président syrien Bachar al Assad, pour trouver une issue au conflit. "Que Merkel se soit exprimée ces derniers jours sur la nécessité de mener des négociations sur la Syrie avec un grand nombre d'acteurs est un facteur important, il me semble, dans le contexte syrien actuel", a déclaré Iouri Ouchakov, principal conseiller politique du Kremlin. "Cela correspond à ce que nous avons à l'esprit", a-t-il ajouté. La chancelière fédérale a déclaré tard mercredi soir, à l'issue du sommet européen de Bruxelles consacré à la crise des réfugiés, qu'il faudrait discuter avec les autorités syriennes. "Il faut parler avec de nombreux intervenants, et cela comprend Assad", a-t-elle dit. A Paris, le secrétaire britannique au Foreign Office, Philip Hammond, a lui aussi évoqué la possible nécessité de parler au président syrien dans le cadre d'un processus de transition. "Si nous obtenons un accord sur la mise en place d'une autorité de transition et qu'Assad en fait partie, il serait alors nécessaire de lui parler en tant qu'acteur de ce processus", dit-il dans une interview publiée vendredi par Le Monde, assurant que Paris et Londres "ont la même approche". "Mais il faut être clair sur le fait qu'il s'agit d'une transition vers une Syrie sans Assad", ajoute-t-il au lendemain d'une rencontre à Paris avec ses homologues français et allemand, Laurent Fabius et Frank-Walter Steinmeier, ainsi qu'avec Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l'UE. (voir ID:nL5N11V1VE ) Fabius a estimé en début de semaine qu'il ne fallait pas attendre le départ d'Assad pour entamer des discussions sur l'avenir de la Syrie, évoquant alors des membres du régime mais pas le président lui-même. (voir ID:nL5N11R3VE ) OBAMA VEUT CONNAÎTRE "CLAIREMENT" LES INTENTIONS RUSSES La Russie, qui a renforcé sa présence militaire en Syrie ces dernières semaines, est aussi à la manoeuvre sur le front diplomatique, entendant jouer un rôle accru dans la lutte contre l'organisation djihadiste Etat islamique (EI) dans le contexte régional qu'a modifié l'accord de juillet sur le programme nucléaire de l'Iran. Alliée d'Assad, elle juge que le président syrien a un rôle indispensable dans ce combat quand les Occidentaux considèrent pour leur part que le dirigeant syrien n'a pas sa place dans l'avenir du pays. La question sera au menu de la rencontre qu'auront Vladimir Poutine et Barack Obama lundi, en marge de l'Assemblée générale de l'Onu à New York. Les conditions dans lesquelles cet entretien a été calé donnent lieu, depuis son annonce jeudi, à une inhabituelle polémique entre la Maison blanche et le Kremlin. "Les détails de ce genre de préparatifs ne sont habituellement pas rendus publics, mais puisque la partie américaine a décidé de présenter sa version, qui est une distorsion des faits, je ferai remarquer sans détour que la déclaration du secrétaire de presse de la Maison blanche (Josh) Earnest selon laquelle le président russe a requis cette rencontre et demandé à plusieurs reprises sa tenue ne correspond pas à la vérité", a déclaré vendredi Iouri Ouchakov. Sur le fond, l'entourage d'Obama a indiqué que le président américain souhaitait mettre à profit cette rencontre pour connaître "clairement" les intentions russes en Syrie. (voir ID:nL5N11U4JJ ) (Denis Dyomkin avec Hans-Edzard Busemann à Berlin; Henri-Pierre André pour le service français)

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