Moscou prêt à une coalition anti-EI, y compris avec Ankara

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 (Actualisé avec précisions) 
    PARIS, 25 novembre (Reuters) - La Russie est prête à 
planifier des frappes contre l'Etat islamique (EI) dans le cadre 
d'un état-major commun avec tous les pays qui le souhaitent, y 
compris la Turquie, a déclaré mercredi l'ambassadeur de Russie 
en France. 
    François Hollande est attendu jeudi à Moscou où il doit 
rencontrer son homologue Vladimir Poutine dans le cadre de son 
offensive diplomatique visant à mettre sur pied une coalition 
anti-EI après les attentats de Paris du 13 novembre, revendiqués 
par l'organisation djihadiste. 
    "Aujourd'hui (...), cette coalition est du domaine du 
possible", a estimé Alexandre Orlov sur Europe 1, rappelant que 
Moscou avait proposé la mise en place d'une telle coalition en 
septembre.  
    "Nous, nous sommes prêts à aller au-delà, planifier ensemble 
des frappes sur les positions de Daech et constituer pour cela 
un état-major commun, avec la France, l'Amérique, avec tous les 
pays qui veulent aller dans cette coalition", y compris les 
Turcs, a-t-il ajouté. 
    Cette annonce survient au lendemain d'un incident entre les 
armées russe et turque à la frontière syrienne, où la Turquie a 
abattu un chasseur-bombardier russe.  
    Ankara affirme avoir adressé une série d'avertissements pour 
violation de l'espace aérien. Moscou conteste cette version et 
assure que cet incident aura de "graves conséquences". 
    Dénonçant un "coup de poignard dans le dos", la Russie a 
annulé une visite de travail de son chef de la diplomatie 
Sergueï Lavrov, prévue mercredi prochain. Moscou a également 
recommandé aux Russes d'éviter de se rendre en Turquie.  
    Les deux pays sont divisés sur la question du règlement du 
conflit syrien, Ankara réclamant le départ du président syrien 
Bachar al Assad, défendu par Moscou.  
    La Russie, qui est engagée militairement en Syrie depuis fin 
septembre, est accusée par l'Occident de concentrer ses frappes 
sur les forces d'opposition modérées à Bachar al Assad et de 
limiter au maximum ses frappes contre l'EI, ce qu'elle dément.  
    "On tape sur Daech et les alliés de Daech (...) tous ceux 
qui se battent contre l'Etat syrien", a dit Alexandre Orlov. 
"Bachar al Assad est le président de cet Etat, demain ça 
pourrait être un autre mais contre l'Etat syrien, nous les 
combattons".  
    Le président américain Barack Obama, qui recevait François 
Hollande à Washington mardi, a prévenu que sans changement 
stratégique de la Russie dans le dossier syrien, la coopération 
serait très difficile. 
    Le chef de l'Etat français a de son côté fait savoir qu'il 
souhaitait coopérer avec la Russie si elle "concentra it  son 
action militaire sur Daech" et "si elle s'engage ait  pleinement 
pour la recherche d'une solution politique en Syrie".  
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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