Moscou livre des équipements militaires à la Syrie-Lavrov

le , mis à jour à 13:08
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(actualisé avec déclarations de Lavrov) MOSCOU, 10 septembre (Reuters) - Moscou livre du matériel militaire et de l'aide humanitaire à Damas, a déclaré jeudi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, ajoutant que la présence de militaires russes en Syrie n'avait rien de neuf. Si nécessaire, la Russie prendra d'autres mesures en Syrie, a-t-il également prévenu. Selon le quotidien financier russe Kommersant, Moscou livre à Damas du matériel militaire, des armes légères, des lance-grenades, des véhicules blindés de transport de troupes et des poids-lourds. Dans son édition de jeudi, ce journal russe dit avoir obtenu ses informations auprès de sources proches du secteur le l'armement. Il explique que la Syrie a effectué des règlements auprès de la Russie pour acquérir des systèmes de défense aériens S-300, mais Moscou aurait ensuite décidé de ne pas livrer ces armements et de proposer les armes et équipements évoqués par Kommersant. Le gouvernement russe soutient que l'aide apportée à Damas est destinée à la lutte contre le terrorisme, mais les Occidentaux le soupçonnent d'accroître considérablement sa présence militaire sur le terrain en Syrie pour soutenir le régime de Bachar al Assad, avec lequel Moscou a toujours entretenu d'excellentes relations. Des responsables américains ont affirmé mercredi que la Russie avait livré à la Syrie deux bâtiments de débarquement de chars et qu'elle avait déployé un petit nombre de militaires sur place. Au Liban, d'autres sources affirment que des militaires russes prennent part aux combats. Un porte-parole du Kremlin a refusé jeudi de commenter des propos selon lesquels des troupes russes sont engagées sur le terrain en Syrie. MOSCOU VEUT UNE RENCONTRE POUTINE-OBAMA "La menace venant de l'Etat islamique est évidente. La seule force capable de résister, c'est l'armée syrienne", a dit Dmitry Peskov. Le soutien militaire apporté par Moscou se fait dans le respect des conventions internationales, a-t-il assuré, ajoutant que la question de la Syrie et de la menace de l'Etat islamique serait abordée par Vladimir Poutine lors de la 70e assemblée générale des Nations unies qui se déroulera lors de la seconde quinzaine de septembre. Si la Russie reste évasive sur les modalités exactes de sa présence en Syrie, Moscou a fait part à plusieurs reprises de son souhait d'organiser une rencontre entre Vladimir Poutine et Barack Obama à New York. La Maison blanche dit n'avoir reçu aucune information sur un quelconque projet allant dans ce sens. Selon Pavel Felgenhauer, un analyste spécialisé dans la défense, Moscou chercherait ainsi à endosser un rôle de pacificateur et redorer en Russie le blason d'un Vladimir Poutine par ailleurs confronté au conflit en Ukraine. "La Russie accentue la pression, fait du chantage", dit-il, soulignant que la proposition russe de former une coalition contre l'Etat islamique qui inclurait Bachar al Assad n'a eu que peu d'écho. "Ils veulent qu'on les prenne plus au sérieux", dit il, "ou qu'ils (les occidentaux) soient dans la crainte que Moscou utilise ses armes sur place à d'autres fins." (Gabriela Baczynska Maria Tsvetkova et Lidia Kelly,; Nicolas Delame pour le service français)

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