Moscou espère de la stabilité en Ouzbékistan après la mort de Karimov

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    VLADIVOSTOK, Russie, 3 septembre (Reuters) - Le gouvernement 
russe espère que la stabilité va prévaloir en Ouzbékistan après 
la mort du président Islam Karimov, qui dirigeait 
l'ex-république soviétique d'Asie centrale depuis plus d'un 
quart de siècle, a déclaré samedi le principal conseiller 
politique du Kremlin, Iouri Ouchakov. 
    "Nous espérons que cela sera stable", a-t-il dit à la presse 
en marge d'un colloque économique à Vladivostok. 
    Islam Karimov, hospitalisé le week-end dernier, est mort à 
l'âge de 78 ans, a annoncé vendredi le gouvernement ouzbek. Ses 
funérailles auront lieu ce samedi à Samarcande, sa ville natale. 
    Karimov dirigeait l'Ouzbékistan d'une main de fer depuis 
vingt-sept ans. 
    Ancien apparatchik soviétique devenu premier secrétaire du 
Parti communiste d'Ouzbékistan en 1989, au temps fort de la 
perestroïka, il présidait le pays depuis son accession à 
l'indépendance, en 1991. Il avait été réélu l'an dernier pour 
cinq ans avec 90,4% des voix. 
    Sous son règne, ce pays de 32 millions d'habitants situé sur 
l'ancienne Route de la Soie est devenu l'un des plus isolés et 
autoritaires au monde. Les relations avec les Etats-Unis et 
l'Union européenne se sont notamment refroidies après la brutale 
répression par l'armée d'un soulèvement populaire à Andijan, en 
mai 2005. Des centaines de civils avaient alors été tués, selon 
des témoignages recueillis par les mouvements de défense des 
droits de l'homme.  
    Islam Karimov avait également ordonné la fermeture d'une 
base militaire américaine que les Etats-Unis avaient installée 
après les attentats du 11-Septembre.  
    Mais les relations avec l'Occident de ce pays producteur de 
coton, d'or et de gaz naturel se sont par la suite améliorées et 
les troupes américaines engagées en Afghanistan ont pu y 
transiter.  
     
    INTERROGATIONS SUR SA SUCCESSION 
    Le président ouzbek préservait également jalousement 
l'indépendance de son pays vis-à-vis de la Russie et il avait 
suspendu en 2012 la participation de l'Ouzbékistan à 
l'Organisation du traité de sécurité collective, qui regroupe 
plusieurs anciennes républiques soviétiques.  
    Cet orphelin de mère tadjike et de père ouzbek, né le 30 
janvier 1938, n'avait pas désigné de successeur et les 
observateurs s'attendent à ce que les modalités de la transition 
politique soient réglées en petit comité par des caciques du 
pouvoir et par sa famille. 
    Parmi ses successeurs potentiels figurent son Premier 
ministre, Chavkat Mirziyoïev, et le vice-Premier ministre 
Roustam Azimov.  
    Roustam Inoyatov, chef des services de sécurité, et Lola 
Karimova-Tilliaeva, fille cadette du président défunt et 
ambassadrice de l'Ouzbékistan auprès de l'Unesco à Paris, 
devraient être impliqués dans le choix du nouveau chef de 
l'Etat.  
    Sa fille aînée, Goulnara, est devenue il y a quelques années 
une pop star dans son pays, se hissant parallèlement à la tête 
d'un vaste empire économique. Mais, en 2014, plusieurs médias 
dont la BBC ont déclaré qu'elle avait été placée en détention et 
elle n'est pas apparue en public depuis cette date.  
    Selon la Constitution, le président de la chambre haute du 
Parlement, Nigmatilla Iouldochev, doit assurer l'intérim et des 
élections doivent être organisées dans les trois mois. 
    Faute d'accord, le pays pourrait traverser une période de 
turbulences alors qu'il est déjà ciblé par des combattants 
islamistes. Islam Karimov avait lui-même échappé de peu à la 
mort en février 1999 lors d'une vague d'attentats du Mouvement 
islamique d'Ouzbékistan (MIO), fondé deux ans plus tôt.  
 
 (Vladimir Soldatkin avec Olzhas Auyezov à Almaty; Nicolas 
Delame, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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