Moscou envoie un convoi d'aide humanitaire en Ukraine

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* Moscou affirme qu'un accord est conclu avec l'Ukraine * Kiev annonce qu'elle n'autorisera aucun convoi russe en Ukraine * L'aide doit être transmise au CICR à la frontière, dit Kiev * Hollande avertit Poutine, Fabius craint une "couverture" (Actualisé avec Kiev, Hollande, UE) par Dmitry Zhdannikov et Pavel Polityuk MOSCOU/KIEV, 12 août (Reuters) - Un convoi russe formé de 280 camions transportant de l'aide humanitaire a quitté mardi la région de Moscou à destination de l'Ukraine, mais Kiev a averti que les véhicules russes ne seraient pas admis sur le territoire ukrainien. Kiev et ses alliés occidentaux craignent que l'initiative de la Russie ne soit qu'un prétexte trouvé par le Kremlin pour mener une opération armée dans l'est de l'Ukraine où se poursuivent les combats entre forces gouvernementales et séparatistes pro-russes. "Nous n'autoriserons aucune escorte du ministère russe des Situations d'urgence ou de l'armée. Tout sera sous le contrôle de l'Ukraine", a dit Valery Tchaly, conseiller du président ukrainien Petro Porochenko. Il a précisé que la cargaison d'aide russe devrait être livrée à la frontière ukrainienne et remise au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour être embarquée sur d'autres véhicules. "Tout a été décidé avec l'Ukraine", avait auparavant affirmé le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, sur la radio Business FM. Dans un communiqué, les services du président ukrainien Petro Porochenko ont expliqué qu'il y avait seulement un accord sur le fait que le CICR serait investi de toutes les questions d'organisation et de logistique de la mission internationale. L'aide russe et celle fournie par les Etats-Unis et l'Union européenne seront supervisées par des représentants de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) lors de leur transit dans le nord-est de l'Ukraine jusqu'à la ville de Louhansk, a dit de son côté l'ex-président ukrainien Leonid Koutchma, qui joue le rôle de médiateur. AVERTISSEMENTS EUROPÉENS Les Etats-Unis et l'Union européenne ont prévenu la Russie que toute intervention, même humanitaire, dans l'est de l'Ukraine sans le consentement de Kiev serait "inacceptable" et constituerait une violation du droit international. "La délivrance d'aide humanitaire (...) doit être en conformité avec les principes de neutralité, d'impartialité et d'indépendance", a déclaré mardi Kristalina Georgieva, commissaire européenne aux Affaires humanitaires. "Les organisations humanitaires sont celles qui aident les personnes en situation de crise", a-t-elle précisé, soulignant qu'aucun but autre qu'humanitaire ne pouvait être poursuivi dans ce type d'opération. François Hollande a fait part à Vladimir Poutine, lors d'un entretien par téléphone, des "très vives inquiétudes que suscitait la perspective d'une mission unilatérale russe sur le territoire ukrainien". "Une opération humanitaire ne peut intervenir sur le territoire ukrainien qu'avec l'accord des autorités nationales ukrainiennes (...) Le cadre doit être multilatéral et sous l'égide du CICR", peut-on lire dans un communiqué de la présidence française. Laurent Fabius a estimé que l'envoi du convoi humanitaire russe ne respectait pas les règles et a exprimé la crainte qu'il puisse couvrir une incursion russe. ID:nL6N0QI0Y2 Le ministre français des Affaires étrangères a souhaité que la communauté internationale s'oppose à l'entrée du convoi russe s'il n'avait pas l'accord des autorités ukrainiennes et de la Croix-Rouge. Deux jours devraient être nécessaires aux 280 camions pour parvenir à destination dans l'est de l'Ukraine, situé à environ mille kilomètres de Moscou. PROBABILITÉ D'UNE INTERVENTION RUSSE L'Otan considère qu'il existe une "forte probabilité" de voir la Russie intervenir militairement en Ukraine et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a mis le Kremlin en garde contre "des actions militaires unilatérales" dans l'ancienne république soviétique. Le CICR a indiqué lundi avoir présenté un document aux autorités russes et ukrainiennes et avoir besoin de l'accord de toutes les parties ainsi que de garanties concernant la sécurité car l'opération ne prévoyait pas d'escorte armée. Des milliers de personnes sont privées d'eau, d'électricité et d'assistance médicale en raison des combats dans l'est de l'Ukraine, a ajouté la Croix-Rouge. Selon les agences onusiennes, plus de 1.100 personnes ont été tuées au cours des quatre mois de conflit, depuis que le gouvernement de Kiev a décidé de réprimer par la force la rébellion des séparatistes pro-russes. (Avec Natalia Zinets à Kiev, Stephanie Nebehay à Genève, Polina Devitt à Moscou, Emmanuel Jarry à Paris; Henri-Pierre André, Pierre Sérisier et Agathe Machecourt pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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  • jyth01 le mardi 12 aout 2014 à 16:20

    probablement que l'humanitaire pour Poutine consiste à trouver le moyen de rapatrier ses soldats encerclés. Mais il ne faurdait pas qu'il perde la face dans cette affaire, car avec les générations ayant connu les joies du communisme tout est possible.