Moscou dit préparer une mission "humanitaire" en Ukraine

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* Poutine annonce l'envoi d'un convoi humanitaire en Ukraine * Barroso met en garde contre une action militaire unilatérale * L'Otan parle de "forte probabilité" d'intervention russe (Actualisé avec CICR, Obama, Porochenko) par Adrian Croft et Sergei Karpukhin MOSCOU/BRUXELLES, 11 août (Reuters) - Vladimir Poutine a annoncé lundi l'envoi d'un convoi humanitaire dans l'est de l'Ukraine malgré les avertissements répétés de puissances occidentales craignant que Moscou n'utilise le prétexte humanitaire pour une intervention militaire sur le sol ukrainien. Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), des milliers de personnes sont privées d'accès à l'eau, à l'électricité et à des soins médicaux dans l'est de l'Ukraine, où s'affrontent forces gouvernementales et séparatistes pro-russes. Vladimir Poutine a déclaré au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, que la Russie coopérait avec le CICR afin d'envoyer une mission d'aide humanitaire en Ukraine, a annoncé lundi le Kremlin. "Il a été indiqué que la partie russe, en collaboration avec les représentants du Comité international de la Croix-Rouge, envoyait un convoi d'aide en Ukraine", a déclaré la présidence russe dans un communiqué, après un entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et le président de l'exécutif européen. José Manuel Barroso a toutefois adressé à son interlocuteur une mise en garde "contre toute action militaire unilatérale en Ukraine, sous quelque prétexte que ce soit, y compris humanitaire", a précisé de son côté la présidence de la Commission. Au cours de la conversation, il a indiqué au président russe que "l'UE participerait aux efforts internationaux pour aider les populations dans le besoin en raison du conflit" en Ukraine. Il a également "exprimé son inquiétude face à la mobilisation de troupes russes près de la frontière ukrainienne" et face à "l'afflux continu d'armes, d'équipements et de combattants en provenance du territoire russe", a précisé la Commission. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a ensuite confirmé dans un communiqué avoir tenu des discussions avec les autorités russes et ukrainiennes sur la proposition d'aide humanitaire de la part de la Russie à l'est ukrainien. "Aujourd'hui (lundi), le CICR a rencontré les autorités ukrainiennes et russes et leur a transmis un document précisant dans quelles conditions une telle opération pourrait se dérouler", a annoncé le CICR. IDnL6N0QH4H0 L'OTAN PARLE DE "FORTE PROBABILITÉ" D'INTERVENTION RUSSE Le président américain Barack Obama a pour sa part déclaré à son homologue ukrainien Petro Porochenko que toute intervention russe en Ukraine sans le consentement de Kiev serait "inacceptable" et constituerait une violation du droit international. IDnL6N0QH49F Le président ukrainien s'est déclaré prêt à soutenir une mission humanitaire pour Louhansk, une ville frontalière tenue par les rebelles, à condition qu'elle émane de la communauté internationale. L'Union européenne est disposée à allouer 2,5 millions d'euros à un tel projet, ont précisé ses services lundi en citant José Manuel Barroso. Selon un porte-parole de l'armée ukrainienne, la Russie a massé 45.000 soldats, ainsi que des chars des missiles antiaériens, des avions et des hélicoptères de combat, près de la frontière de l'Ukraine. "Toute intervention russe sous le couvert d'une mission humanitaire serait injustifiée et illégale", a prévenu le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, dans un entretien à Reuters, estimant qu'il existait une "forte probabilité" de voir l'armée russe intervenir dans l'est de l'Ukraine. "Nous voyons les Russes mettre au point un discours et une excuse à une telle intervention sous le prétexte d'une opération humanitaire et nous voyons une préparation militaire qui pourrait être utilisée pour mener une telle action militaire illégale", a-t-il dit. "Cependant, nous n'envisageons pas d'opérations militaires. Si les Russes devaient intervenir en Ukraine, je n'ai aucun doute quant au fait que la communauté internationale répondrait avec détermination par le biais de sanctions économiques approfondies, plus dures, qui isoleraient davantage la Russie", a-t-il poursuivi. (Katya Golubkova, Barbara Lewis, Natalia Zinets, Stephanie Nebehay; Pierre Sérisier, Marc Angrand et Agathe Machecourt pour le service français)

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