Moscou cible les importations agricoles des USA et de l'UE

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(Actualisé avec précisions, contexte, analyste) MOSCOU, 6 août (Reuters) - La Russie va répondre aux nouvelles sanctions imposées par les pays occidentaux en raison de son rôle dans la crise ukrainienne en interdisant l'importation de tous les produits agricoles américains ainsi que celle des fruits et légumes de l'Union européenne, rapporte mercredi l'agence de presse Ria Novosti en citant les autorités sanitaires. Si elle devait se confirme, cette décision marquerait une intensification des sanctions économiques que s'imposent les deux blocs, la Russie étant le premier importateur mondial de fruits et légumes européens, et le deuxième de volaille américaine. Vladimir Poutine a signé mercredi un décret interdisant ou limitant les importations de produits agricoles en provenance des pays ayant adopté des sanctions économiques contre la Russie, a indiqué le Kremlin. Le président russe a également ordonné à son gouvernement de mettre au point une liste de produits qui seront exclus des importations pour une durée d'un an. Le porte-parole des services sanitaires, Alexeï Aleksinko, avait indiqué en fin de journée que ces interdictions seraient "très conséquentes" et qu'elles concerneraient notamment la volaille américaine. "En ce qui concerne les Etats-Unis, le pays à l'origine des sanctions, la décision sera très significative", avait déclaré le porte-parole à Reuters. "Il en va de même" pour l'Union européenne, avait-t-il ajouté. RISQUE D'INFLATION Les services sanitaires n'étaient pas immédiatement joignables pour commenter les informations de Ria. A Bruxelles, un porte-parole de la Commission européenne n'a pas souhaité faire de commentaire. La Russie, qui a importé pour 43 milliards de dollars (32 milliards d'euros) de produits agricoles l'an dernier, a acheté 28% des exportations de fruits de l'UE en 2011, et 21,5% de ses légumes. Pour compenser l'arrêt brutal de ces importations, elle devra solliciter son marché intérieur et se tourner vers les pays qui ne lui ont pas imposé de sanctions. Mais pour Dmitri Polevoy, économiste en chef d'ING pour la Russie et la Communauté des états indépendants (CEI), cette stratégie pourrait se retourner contre Moscou en augmentant l'impact des sanctions occidentales sur la population russe. "Même si d'un point de vue politique, cela peut sembler approprié, et si cela va sans aucun doute affecter les fournisseurs de la Russie, cette décision va probablement amplifier les effets des sanctions financières imposées à Moscou", souligne l'économiste. "Cela va sans doute alourdir le coût des sanctions en entraînant une hausse du prix des produits alimentaires et donc affecter plus largement le pouvoir d'achat des ménages russes", estime-t-il. (Polina Devitt et Dmitry Zhdannikov; Tangi Salaün pour le service français)

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