Moscou appelle Damas à dialoguer avec l'opposition

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MOSCOU APPELLE DAMAS À DIALOGUER AVEC L'OPPOSITION SYRIENNE
MOSCOU APPELLE DAMAS À DIALOGUER AVEC L'OPPOSITION SYRIENNE

par Steve Gutterman

MOSCOU (Reuters) - La Russie, accentuant ses efforts pour une sortie de crise diplomatique en Syrie, a appelé vendredi Damas à mettre ses actes en conformité avec ses paroles sur la tenue de discussions avec l'opposition, dont le chef est invité à Moscou.

"Nous avons activement incité la direction syrienne à concrétiser autant que possible sa volonté affichée de dialoguer avec l'opposition", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Le chef de la diplomatie russe, qui recevra samedi l'émissaire international Lakhdar Brahimi, a précisé qu'il avait transmis le message au vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Makdad, de passage jeudi à Moscou.

Il a ajouté que le gouvernement syrien devait insister sur sa volonté de discuter de la plus large palette possible de sujets, conformément à la déclaration de Genève, un texte adopté en juin dernier par le Groupe de contact sur la Syrie qui appelle à un gouvernement de transition.

"Je pense qu'une évaluation réaliste et détaillée de la situation à l'intérieur des frontières syriennes poussera des membres raisonnables de l'opposition à chercher les moyens d'engager un dialogue politique", a poursuivi Lavrov, qui a souligné le week-end dernier qu'aucun camp ne pouvait l'emporter par la force en Syrie.

La capitale russe est devenue ces jours-ci la plaque tournante des initiatives diplomatiques en cours pour tenter de trouver une issue à un conflit qui a fait plus de 44.000 morts depuis mars 2011.

L'envoyé spécial conjoint de l'Onu et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, qui était à Damas en début de semaine, sera reçu samedi par Lavrov à Moscou.

NOUVELLE RÉUNION DES "TROIS B"

En début d'année prochaine, après les fêtes, William Burns, sous-secrétaire d'Etat américain chargé du Moyen-Orient, devrait à son tour se rendre dans la capitale russe pour une nouvelle rencontre avec son homologue russe, Mikhaïl Bogdanov, et Brahimi.

"Nous écouterons ce que Lakhdar Brahimi a à dire sur la situation en Syrie et par la suite, probablement, une décision sera prise sur la tenue d'une nouvelle réunion des 'trois B'", a dit Mikhaïl Bogdanov à l'agence de presse RIA.

Ces "trois B" (Brahimi, Bogdanov, Burns), qui se sont rencontrés ce mois-ci, sont convenus qu'une solution politique était nécessaire et possible.

La Russie, réticente face au soutien apporté par les Occidentaux au Conseil national syrien, a parallèlement invité son président, Moaz al Khatib.

La question demeure entière sur le rôle que Bachar al Assad et des membres de son gouvernement pourraient être amenés à jouer dans un gouvernement de transition.

La déclaration de Genève, négociée par le prédécesseur de Lakhdar Brahimi, l'ancien secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, n'a pas tranché sur ce point.

Le texte appelle notamment à la "mise en place d'un organe de gouvernement transitoire capable d'instaurer un climat de neutralité dans lequel la transition pourra se faire" et qui aurait les pleins pouvoirs exécutifs.

Pour ce qui est de sa composition, il note simplement qu'"il pourra comprendre des membres de l'actuel gouvernement et de l'opposition ainsi que d'autres groupes et sera formé sur la base du consentement mutuel".

La Russie, qui a pris ses distance avec Assad ces derniers temps et dément soutenir son régime, maintient qu'un départ du président syrien ne peut être une condition préalable à des discussions.

Avec Alissa de Carbonnel; Henri-Pierre André pour le service français

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