MoryGlobal, ex-Mory Ducros, en cessation de paiement

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PARIS (Reuters) - La société de transport MoryGlobal (ex-Mory Ducros) s'est déclarée vendredi en cessation de paiement et revient donc à la case redressement judiciaire un an à peine après sa reprise par le transporteur Arcole industries, son principal actionnaire.

Cette demande a été déposée auprès du tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Environ 2.000 salariés sont menacés de perdre leur emploi.

Dans un communiqué, la direction de MoryGlobal explique que le montage du financement de la reprise de la société n'ayant pas abouti "dans les délais prévus", cette démarche vise à "débloquer" la situation et à "trouver l'adossement nécessaire".

Dans un communiqué séparé, Arcole Industries présente une version sensiblement différente de cette nouvelle crise.

"Une condition essentielle de la reprise était la signature d'un accord d'entreprise majoritaire permettant de sécuriser la mise en oeuvre d'un plan de sauvegarde de l'emploi", écrit le repreneur de Mory Ducros.

"Contrairement à l'engagement pris par la CFDT (...), les délégués syndicaux CFDT ont refusé de signer cet accord. Ce refus a notamment eu pour conséquence la réintégration de plus de 200 salariés protégés et créé un climat d'incertitude sur la reprise, avec un impact financier colossal", ajoute-t-il.

La direction d'Arcole Industries reproche par ailleurs au tribunal de commerce de Pontoise de ne pas avoir autorisé MoryGlobal à céder pour 25 millions d'euros d'actifs immobiliers "non nécessaires à son exploitation".

"On se retrouve dans la situation d'il y a un an mais je pense que l'issue va malheureusement être très différente", a pour sa part dit à Reuters le numéro un de la fédération CGT des transports, Jérôme Vérité, qui suit ce dossier. "Là, on risque la liquidation pure et simple de la boîte."

Mory Ducros avait été placé en redressement judiciaire en novembre 2013 mais le tribunal de commerce de Pontoise avait validé en février 2014 le plan de reprise par Arcole industries, qui a gardé moins de la moitié des 5.000 salariés.

"Je m'attends à ce qu'on ait rapidement une réunion au ministère pour regarder ça", a déclaré Jérôme Vérité. "L'Etat avait injecté un prêt de 17,5 millions d'euros d'argent public dans le cadre de l'offre de reprise d'Arcole. La question est maintenant de savoir comment il vont remettre la main dessus."

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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  • M4717271 le vendredi 6 fév 2015 à 17:16

    Continuons à avoir un code du travail qui garantit l' emploi des salariés protégés et des syndicats qui privilégient leurs intérêts à la pérennité de l' emploi, en, refusant de signer un accord vital : résultat final, une grande société qui va disparaitre et des emplois perdus définitivement