Mory Ducros placé en redressement judiciaire

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PARIS (Reuters) - Mory Ducros, numéro deux du transport routier en France derrière Geodis, a été placé mardi en redressement judiciaire, a-t-on appris de source syndicale.

Deux administrateurs judiciaires ont été nommés pour tenter de trouver un repreneur et limiter la casse sociale pendant une période d'observation de six mois.

"Cette période va être mise à profit pour élaborer avec le soutien des pouvoirs publics une solution permettant d'assurer un avenir pour Mory Ducros", a déclaré André Lebrun, d'Arcole industries, l'actionnaire majoritaire du transporteur.

La direction de Mory Ducros a précisé qu'elle visait "une solution de reprise globale".

Mory Ducros et Arcole Industries se disent "convaincus de la possibilité de bâtir un périmètre viable au sein du groupe", écrit-t-elle dans un communiqué, sans préciser les contours d'un éventuel plan de restructuration.

Le groupe, né de la fusion en janvier des entreprises Mory et Ducros Express (ex-DHL), fait face à des difficultés financières qui, selon les syndicats, menaceraient 7.000 emplois -5.200 salariés répartis sur 85 sites et 2.000 sous-traitants.

Plusieurs centaines de salariés ont manifesté mardi devant le tribunal de commerce de Pontoise (Val-d'Oise) dans l'attente de la décision de mise en redressement judiciaire.

Le gouvernement a dit sa volonté de sauver le maximum d'emplois et de trouver des solutions "site par site".

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a fait état la semaine dernière de "manifestations d'intérêt" pour la reprise du transporteur, "mais pas de proposition exprimée".

Les représentants syndicaux de Mory Ducros seront reçus jeudi après-midi par Arnaud Montebourg et le ministre des Transports Frédéric Cuvillier, a-t-on indiqué mardi au ministère des Transports.

La fusion de Mory et Ducros, groupe qui dispose d'une flotte de 4.500 véhicules, n'a pas permis de résister à la crise du marché de la messagerie.

La CFDT estime qu'il est possible de sauver au moins 3.000 emplois.

La direction avait expliqué la semaine dernière à l'issue d'un comité d'entreprise que le placement en redressement judiciaire permettrait la réorganisation de l'entreprise, annoncée depuis plusieurs mois, "dans des conditions économiquement viables".

Gérard Bon, édité par Sophie Louet

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