Mort du père de la démocratie portugaise Mario Soares

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 (Ajoute réaction de l'Elysée §6) 
    LISBONNE, 7 janvier (Reuters) - L'ancien président et 
Premier ministre portugais Mario Soares, figure centrale de la 
lutte contre la dictature salazariste et de la "révolution des 
oeillets" en 1974, est mort samedi à l'âge de 92 ans, ont 
déclaré ses médecins. 
    Hospitalisé le 13 décembre dernier, il était plongé dans le 
coma quasiment sans interruption depuis cette date. 
    Fondateur du Parti socialiste portugais, il avait dirigé le 
gouvernement à trois reprises et passé dix ans à la tête de 
l'Etat (1986-96).  
    Les autorités ont décrété trois jours de deuil.  
    "Aujourd'hui, le Portugal a perdu le père de sa liberté et 
de sa démocratie, la personne et le visage que les Portugais 
identifient le plus au régime né le 25 avril 1974 (la 
'révolution des oeillets')", a réagi le PSP dans un communiqué. 
    "Avec la disparition de Mario Soares, la démocratie 
portugaise perd l'un de ses héros, l'Europe l'un de ses grands 
dirigeants et la France, qui l'avait accueilli en exil pendant 
la dictature de Salazar, un ami de toujours", a déclaré la 
présidence française dans un communiqué.  
    Né le 7 décembre 1924, Mario Soares flirte brièvement avec 
le communisme à l'université avant de rejoindre le mouvement 
démocratique en tant que socialiste.  
    Il est emprisonné douze fois et exilé par le régime 
dictatorial d'Antonio de Oliveira Salazar. 
    Avocat, il prend la défense des ennemis de Salazar et 
revient triomphalement dans son pays lors du renversement du 
dictateur le 25 avril 1974.  
    Deux ans plus tard, il dirige le premier gouvernement 
démocratiquement élu du pays.  
    Quand il quitte la fonction présidentielle en 1996, après 
avoir exercé le maximum de mandats prévus par la Constitution, 
sa popularité est au sommet.  
    Il reste membre du conseil d'Etat, instance consultative 
placée auprès du chef de l'Etat, et prend part à ses réunions 
jusqu'à 2005.   
    L'un de ses deux enfants, Joao, a suivi les traces de son 
père en politique et exercé les fonctions de maire de Lisbonne. 
Il a été également ministre de la Culture dans l'actuel 
gouvernement socialiste, avant de démissionner en avril.  
 
 (Andrei Khalip et Axel Bugge; Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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