Mort du général Schwarzkopf, acteur de la Guerre du Golfe

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MORT DU GÉNÉRAL AMÉRICAIN NORMAN SCHWARZKOPF, CHEF DE LA COALITION LORS DE LA 1ÈRE GUERRE DU GOLFE
MORT DU GÉNÉRAL AMÉRICAIN NORMAN SCHWARZKOPF, CHEF DE LA COALITION LORS DE LA 1ÈRE GUERRE DU GOLFE

par David Alexander et Roberta Rampton

WASHINGTON (Reuters) - Le général américain Norman Schwarzkopf, qui avait commandé les forces de la coalition face à l'armée de Saddam Hussein durant l'opération "Tempête du désert" en 1991, est mort jeudi à l'âge de 78 ans.

Son décès a été annoncé par l'ancien président américain George Bush Sr, actuellement hospitalisé en soins intensifs dans un hôpital de Houston. Dans un communiqué publié par son porte-parole, George Bush père dit "pleurer la mort d'un vrai patriote américain et de l'un des grands chefs militaires de sa génération".

Les causes de sa mort, constatée à 14h22 (19h22 GMT) à son domicile de Tampa, en Floride, n'ont pas été rendues publiques.

Général quatre étoiles, décoré à de multiples reprises, Norman Schwarzkopf avait appris le terrain pendant la guerre du Vietnam puis lors de l'invasion de l'île de Grenade, en 1983. En Irak, il avait dirigé les 540.000 soldats américains et leurs 200.000 alliés de "Tempête du désert".

En six semaines, la coalition avait mis en déroute les forces irakiennes de Saddam Hussein, les repoussant du Koweït et arrivant aux portes de Bagdad.

Des spécialistes estiment que sa stratégie de débordement des troupes irakiennes par une vaste offensive de blindés est l'un des plus grandes réalisations de l'histoire militaire. La guerre terrestre avait duré à peine cent heures.

Dans un communiqué diffusé par la Maison blanche, le président Barack Obama a salué en Schwarzkopf "un héros américain" dont "le legs perdurera dans une nation qui est plus sûre du fait de ses états de service patriotiques".

FRANC-PARLER

Peu connu avant que les forces irakiennes n'envahissent le Koweït, Schwarzkopf, au physique massif, était devenu une figure familière sur les écrans de télévision: la guerre du Golfe coïncidait avec l'avènement des chaînes d'information continue, dont CNN qui retransmettait en direct ses briefings, en tenue de camouflage.

Il s'était également signalé par son franc-parler et ses répliques à l'emporte-pièce, comme ce commentaire ironique et sans détour sur le président irakien: "Quant à savoir si Saddam Hussein est un grand stratège militaire, disons qu'il n'est ni un stratège, ni formé aux règles de l'art, pas plus qu'il n'est un tacticien, ou un général ou même un soldat. Sinon, c'est un grand militaire, je tiens à ce que vous le sachiez."

Son commandement dans le Golfe avait été le haut fait de ses 34 années passées sous les drapeaux.

A son retour aux Etats-Unis, le général Schwarzkopf était considéré comme un héros. Les médias spéculaient sur une possible carrière politique. Il s'en était tenu à l'écart, écrivant son autobiographie ("It Doesn't Take a Hero", 1993) et se reconvertissant dans l'analyse militaire.

En 2003, tandis que les Etats-Unis s'apprêtaient une nouvelle fois à intervenir en Irak, cette fois sous le commandement de George Bush Jr, il avait émis des doutes sur l'existence des prétendues "armes de destruction massive" de Saddam Hussein dont l'administration républicaine se servait comme d'un prétexte pour justifier la guerre.

Il s'en était également pris à Donald Rumsfeld, qui dirigeait alors le Pentagone, jugeant dans le Washington Post qu'il semblait parfois se réjouir de la guerre.

Il avait également mené campagne pour sensibiliser ses compatriotes au cancer de la prostate, diagnostiqué en 1993 dans son organisme.

Né en août 1934 à Trenton, dans le New Jersey, fils de militaire -son père dirigeait la police du New Jersey lors de l'enquête sur l'enlèvement et le meurtre du bébé de l'aviateur Charles Lindbergh-, Norman Schwarzkopf était sorti diplômé de l'académie militaire de West Point en 1956.

Au Vietnam, il avait acquis la réputation d'être capable de mettre sa vie en danger pour sauver ses troupes.

Avec Brenda, qu'il avait épousée en 1968, il avait eu trois enfants: deux filles et un fils.

Avec Ian Simpson; Agathe Machecourt et Henri-Pierre André pour le service français

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  • birmon le vendredi 28 déc 2012 à 11:13

    Son offensive blindée contre l'armée irakienne restera dans les annales de la guerre des blindés. Ce fut un des grands soldats du XX° siècle.