Mort de l'écrivain italien Umberto Eco

le , mis à jour à 12:46
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 (actualisé avec précisions) 
    par Philip Pullella 
    ROME, 20 février (Reuters) - L'écrivain et sémiologue 
italien Umberto Eco est mort vendredi à l'âge de 84 ans, 
rapporte le quotidien italien La Repubblica.  
    Le grand auteur transalpin est décédé dans la soirée à son 
domicile dans le nord de l'Italie, a précisé sa famille au 
journal.  
    Né à Alessandria (Piémont) en janvier 1932, Umberto Eco 
avait accédé à une notoriété mondiale grâce à son roman "Le nom 
de la rose" publié en 1980, vendu à plus de 14 millions 
d'exemplaires, traduit dans des dizaines de langues et porté à 
l'écran par Jean-Jacques Annaud. Le roman a obtenu, en outre, 
plusieurs prix littéraires dans le monde entier.  
    Mais ce professeur et chercheur d'université, venu tard à la 
fiction, laisse une oeuvre beaucoup plus vaste, marquée par ses 
travaux sur la sémiotique et ses nombreux essais sur le langage, 
la communication et la politique, ou ses chroniques dans 
l'hebdomadaire L'Espresso.  
    Le président du Conseil italien Matteo Renzi a salué en lui 
"un exemple extraordinaire d'intellectualisme européen, 
associant une intelligence unique du passé à une capacité 
inépuisable d'anticiper l'avenir".  
    En France, la ministre de la Culture et de la Communication, 
Audrey Azoulay, a déclaré dans un communiqué "avoir appris avec 
une grande émotion le décès d'Umberto Eco" et a salué la mémoire 
d'un "grand intellectuel italien et européen". 
    "Sémiologue, linguiste, romancier, journaliste, Umberto Eco 
était un grand intellectuel italien et européen, un créateur 
génial dont l'oeuvre a traversé les frontières du monde des 
lettres et des idées", lit-on dans le communiqué de la ministre. 
     
    PASSION POUR LE MONDE MEDIEVAL 
    Professeur à l'université de Bologne, Umberto Eco a 48 ans 
quand paraît "Le nom de la rose" qui lui vaudra une renommée 
internationale.  
    Le livre mêle intrigue policière dans un monastère du XIVe 
siècle “et allusions savantes aux controverses philosophiques et 
religieuses du Moyen-Age et son succès inattendu surprend son 
auteur comme les critiques.  
    Umberto Eco l'expliquera par la similitude des expériences 
rencontrées par l'humanité au XIVe siècle et à la fin du XXe 
siècle. "J'espère que les lecteurs verront les racines, que tout 
ce qui existait alors -- des banques et de la spirale 
inflationniste à l'incendie des bibliothèques -- existe 
aujourd'hui", dit-il dans une interview à la New York Times Book 
Review en 1983.  
    Mais le succès de ce livre a aussi tendance à l'agacer. "Je 
ne peux pas passer le reste de ma vie à parler de (ce) livre", 
lance-t-il un jour.  
    Son deuxième roman, "Le pendule de Foucault", a également 
connu un grand succès critique. Son dernier roman, "Numéro 
Zéro", était sorti l'an dernier en France.  
    Alors que son père, comptable, souhaitait le voir devenir 
avocat, Umberto Eco a préféré la philosophie qu'il a étudiée à 
l'université de Turin, où il s'est passionné pour le monde 
médiéval.  
    Ce n'est qu'après avoir obtenu son doctorat en 1954 qu'il a 
commencé à travailler pour des programmes culturels à la Rai et 
à s'intéresser de plus en plus à la communication de masse. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français) 
 
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