Mort de Jean Germain : les derniers jours d'un tourmenté

le , mis à jour à 12:58
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Mort de Jean Germain : les derniers jours d'un tourmenté
Mort de Jean Germain : les derniers jours d'un tourmenté

Le procès va débuter dans quelques minutes. Mais Jean Germain est chez lui, seul. L'ancien maire décroche son téléphone et compose le numéro de son vieil ami Alain. « Je ne m'attendais pas à ce coup de fil, se rappelle cet ancien adjoint, intime de trente ans. Il voulait que je vienne le chercher pour l'emmener au palais de justice. Il m'a dit : Tu passes dans un petit quart d'heure ? J'ai dit d'accord. En arrivant devant chez lui, j'ai tapé à la porte, appelé sur son portable, rien. J'ai compris qu'il se passait quelque chose. J'ai téléphoné à sa compagne et à son attaché de presse. Ce sont eux qui ont prévenu les secours. »

Ce coup de fil à Alain Dayan était sans doute son dernier. Peu après, Jean Germain a mis fin à ses jours. Son corps a été découvert dans son garage, situé en face de sa coquette maison de ville, deux heures après le début du procès pour lequel l'ancien édile devait comparaître pour complicité de prise illégale d'intérêts et détournement de biens publics. Selon les premiers éléments de l'enquête, il s'est donné la mort par arme à feu, sans doute un fusil de chasse, en se tirant une balle dans la tête.

Ces derniers jours, Jean Germain était apparu fidèle à lui-même : jovial, détendu, presque détaché face au rendez-vous judiciaire qui l'attendait. « On s'est vus à déjeuner vendredi, comme toutes les semaines ou presque, dans le Café des Halles, où notre bande d'amis a ses habitudes, se souvient Philippe Chalumeau, ancien adjoint et ami du sénateur. On a parlé des résultats du club de foot de Tours, des départementales... Il a aussi parlé du procès, cinq ou dix minutes. Il nous a dit qu'il connaissait les réquisitions qui allaient être prises contre lui : un an de prison ferme, et 100 000 € d'amende. On n'y croyait pas une seconde. Lui, le juriste, pensait que c'était crédible. Mais il n'était pas paniqué car il estimait n'avoir rien à se reprocher. »

«Ce qu'il ...

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  • birmon le mercredi 8 avr 2015 à 10:10

    Pauvre petit socialiste. tout le monde le plaint. C'est la faute de la presse et des réseaux sociaux, dit-on. Je constate qu'on a fait bien pire contre Bernard Tapie ou Nicolas Sarkozy. Mais eux c'est normal, ils sont soit riche, soit à droite donc forcément mauvais et coupables. Nuls ces franchouillards !

  • M4590873 le mercredi 8 avr 2015 à 10:07

    certains responsables de médias feraient bien de se poser quelques questions quand leur frénésie maladive de nouvelles croustillantes peut parfois engendrer de lourdes conséquences: la liberté de la presse a ses limites mais elles sont morales et la morale ne semble pas la même pour tout le monde

  • M4661438 le mercredi 8 avr 2015 à 09:55

    Un tourmenté aux 36 mandats quand même....un burnout sans doute !