Mort de Gérard de Villiers, le père de SAS

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GÉRARD DE VILLIERS, LE PÈRE DE SAS, EST MORT
GÉRARD DE VILLIERS, LE PÈRE DE SAS, EST MORT

Correction: bien lire que Gérard de Villiers est né en 1929 au 7e paragraphe.

PARIS (Reuters) - L'écrivain et éditeur Gérard de Villiers, auteur de la série de romans d'espionnage SAS qui s'est vendue à des millions d'exemplaires, est mort à 83 ans des suites d'une longue maladie.

Son avocat, Eric Morain, l'a annoncé vendredi dans un message sur le réseau social twitter: "Le Prince Malko Linge est orphelin: l'écrivain Gérard de Villiers est décédé hier à Paris à 83 ans des suites d'une longue maladie."

Aristocrate autrichien travaillant pour la CIA, Malko Linge a été le héros de 200 livres publiés au rythme de quatre ou cinq par an. Le dernier en date, La Vengeance du Kremlin, est paru cette année.

Très controversé pour ses opinions tranchées hostiles au marxisme, plus récemment à l'islam, ou encore le rôle dévolu aux femmes dans ses livres, Gérard de Villiers a reçu une sorte de consécration début 2013 avec la publication d'un long portrait dans le New York Times.

Sous le titre "l'auteur de romans d'espionnage qui en savait trop", le journal américain le présente comme celui qui est lu par les services secrets de la planète, ayant anticipé l'assassinat du président égyptien Anouar Sadate, le complot contre l'ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri ou décrit un complot de la CIA contre le syrien Bachar Al Assad.

La presse française, avec laquelle il a eu souvent des relations conflictuelles, redécouvre à cette occasion celui que Le Nouvel observateur présente comme le "roi du roman de gare érotico-géopolitique".

FANTASMES SEXUELS

Gérard de Villiers est né le 8 décembre 1929 à Paris, enfant naturel de l'auteur dramatique Jacques Deval.

Jeune journaliste, il travaille pour l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol, puis Paris-Presse et France-Dimanche avant de créer en 1965 le personnage de Malko Linge, qui fait ses premiers pas dans "SAS à Istanbul".

Avec ce héros, il s'inscrit dans le sillage des pionniers du roman d'espionnage comme Jean Bruce, le père d'"OSS 117", et surtout du Britannique Ian Fleming avec la saga James Bond.

Sa recette est de coller à l'actualité, chaque roman étant soigneusement préparé par des enquêtes sur le terrain et la mise à contribution de sources du monde de l'espionnage.

Et l'intrigue mêle scènes de violence et de sexe qui contribueront pour beaucoup au succès de la série, dont chaque volume est tiré à plus de 200.000 exemplaires.

Son ami l'écrivain Jean des Cars a évoqué sur i>TÉLÉ un "cas unique d'actualité à chaud racontée, évidemment avec des fantasmes sexuels, quelques excès qui d'un côte plaisaient, de l'autre côte révulsaient, mais c'était formidablement vu".

"Il sentait venir les événements d'une façon extraordinaire, beaucoup de services de renseignement étaient en contact avec lui et inversement", a-t-il ajouté.

L'ex-préfet Michel Roussin, qui fut directeur de cabinet du patron du SDECE, l'ancêtre de la DGSE, Alexandre de Marenches a déclaré récemment au Monde que les services français utilisaient parfois SAS "pour faire de la désinformation".

L'ancien patron de la DST (contre-espionnage) Yves Bonnet a estimé que ses romans comportaient des analyses de situations de pays "remarquables". "Elles étaient précises, elles étaient bien conduites et elles fourmillaient de détails intéressants", a-t-il dit sur i>Télé.

"Si on reprend tous ses romans, je crois qu'on arrive à avoir une bonne approche de beaucoup de problèmes de sécurité."

Yann Le Guernigou, édité par Henri-Pierre André

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