Mort de Fiona: 30 ans requis contre la mère et son ex-compagnon

le , mis à jour à 17:43
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Cécile Bourgeon à son arrivée le 25 novembre 2016 au palais de justice de Riom ( AFP / Thierry Zoccolan )
Cécile Bourgeon à son arrivée le 25 novembre 2016 au palais de justice de Riom ( AFP / Thierry Zoccolan )

Trente ans de réclusion ont été requis vendredi à l'encontre de la mère de Fiona et de son ex-concubin pour la mort de la fillette en 2013, l'avocat général ayant renvoyé dos à dos les deux accusés, "couple infernal".

Vers 15H30, la cour s'est retirée pour délibérer et le verdict est attendu dans la soirée.

"Fiona, elle sait que je l'ai pas frappée (...) Je fais confiance à la justice", ont été les dernières paroles de Berkane Makhlouf, tandis que Cécile Bourgeon n'avait "rien à ajouter".

"Il n'est pas nécessaire que je puisse identifier qui a fait quoi, peu importe si l'un a mis trois coups et l'autre un seul", a estimé l'avocat général Raphaël Sanesi de Gentile dans un réquisitoire particulièrement incisif à l'encontre de la jeune femme.

Berkane Makhlouf à son arrivée le 25 novembre 2016 au palais de justice de Riom
Berkane Makhlouf à son arrivée le 25 novembre 2016 au palais de justice de Riom ( AFP / Thierry Zoccolan )

"Vous avez peu d'empathie", lui a-t-il lancé, "mais vous n'êtes pas sous son emprise. Vous êtes capable d'agir et Fiona vous ennuyait car elle réclamait +papa+".

"Votre choix est fait à deux, unis dans la violence, les autres dehors. On va s'arranger, on va s'en sortir pour la +pépette+", surnom donné à l'enfant, a-t-il tonné dans une salle comble.

Outre la peine maximale pour les coups mortels que Bourgeon et Makhlouf sont accusés d'avoir portés à Fiona, le magistrat a réclamé que leur condamnation soit assortie d'une peine de sûreté des deux tiers, et d'un suivi socio-judiciaire de 20 ans, avec sept ans d'emprisonnement en cas d'inobservation.

Il a demandé enfin un retrait total de l'autorité parentale de la mère sur ses deux autres enfants, et dix ans d'interdiction de ses droits civiques civils et de famille.

Les ex-concubins, jugés depuis deux semaines par les assises du Puy-de-Dôme, avaient fait croire à un enlèvement pendant des mois en 2013, avant d'avouer la mort de la fillette de cinq ans dont le corps n'a jamais été retrouvé.

- "Tout cela n'est que mensonges" -

"C'est un dossier extrêmement difficile pour l'accusation, vous n'avez pas de corps", a estimé le magistrat. Mais "Fiona a lourdement été victime de ce couple infernal" et "la peine doit être exemplaire", a-t-il asséné.

L'avocat général, Raphaël Sanesi de Gentile, le 25 novembre 2016 au palais de justice de Riom
L'avocat général, Raphaël Sanesi de Gentile, le 25 novembre 2016 au palais de justice de Riom ( AFP / Thierry Zoccolan )

"Ce qui m'insupporte, c'est que la vérité est là dans le box et que tout cela n'est que mensonges", a-t-il poursuivi, ajoutant que "le comportement de ce couple, le scénario macabre, la mise en scène de la disparition (...) va à l'encontre de la thèse accidentelle" soutenue par la défense.

Au terme d'un procès à rebondissements, marqué par l'émotion du public, l'incertitude demeure sur le rôle d'une Cécile Bourgeon insaisissable et inconstante dans ses versions, et celles d'un Berkane Makhlouf, parfois touchant. Et qui persiste à nier les violences sur Fiona dont l'accuse son ex-concubine.

La défense des deux accusés a exhorté la cour à ne pas céder à "l'émotion" et à la "colère" dans leur condamnation.

Une photo de Fiona au milieu d'un parterre de fleurs, le 29 septembre 2013 à Clermont-Ferrand
Une photo de Fiona au milieu d'un parterre de fleurs, le 29 septembre 2013 à Clermont-Ferrand ( AFP/Archives / THIERRY ZOCCOLAN )

"C'est un moment de courage ! Il n'y a pas de honte à dire +je ne sais pas les causes de la mort+", a plaidé l'avocat de la mère, Renaud Portejoie.

Faute d'autopsie, la cause de la mort de Fiona n'a pas été éclaircie - coups, absorption de médicaments ou drogues. Et la défense n'a eu de cesse de plaider l'accident domestique.

Même le sort réservé à la dépouille de l'enfant, enterrée en lisière d'une forêt ou jetée aux ordures, reste une énigme.

De son côté, l'avocat de Makhlouf, Mohamed Khanifar, a mis en garde la cour contre un "risque d'erreur judiciaire", en faisant allusion à l'affaire d'Outreau.

"Ce ne sont pas des assassins, la loi commande la prudence et de canaliser ses émotions", a-t-il dit.

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  • paspil il y a 2 semaines

    ils ont caché le corps de la petite ... le doute profite à l'accusé ... visiblement ce n'est pas le cas ici , ils prendront le maximum prevu et c'est trés bien comme cela ...

  • bobded il y a 2 semaines

    la peine de mort pour ces gens la

  • frk987 il y a 2 semaines

    Rien à ajouter, pauvre gamine, et si mignonne !!!!

  • gael268 il y a 2 semaines

    pauvre petite fille...