Mort de Clément Méric: 7 interpellations et des milliers de manifestants

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Le jeune militant d'extrême gauche Clément Méric est mort jeudi des suites d'un coup reçu la veille lors d'une bagarre avec des skinheads à Paris, des violences suivies de l'interpellation de sept personnes et de manifestations d'indignation dans toute la France.

Ces sept suspects, dont une femme, appartiennent à la mouvance de la droite la plus extrême. Plusieurs sont proches du groupuscule des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) et du mouvement affilié de la Troisième Voie, selon une source policière.

Parmi les gardés à vue, l'auteur présumé du coup mortel, âgé d'une vingtaine d'années, est connu pour appartenir à cette mouvance skin. Selon une source policière, il a indiqué ne pas avoir eu l'intention de tuer.

L'enquête de la police judiciaire parisienne doit encore déterminer les circonstances exactes de la bagarre survenue dans le IXe arrondissement de Paris entre deux groupes à la sortie d'une vente privée de vêtements de marques, prisés tant par les membres de groupuscules d'extrême droite que par les militants antifascistes.

Clément Méric, 18 ans, venu de Brest pour ses études à Sciences Po, "antifa" engagé et membre du syndicat Solidaires, avait été transporté mercredi soir à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans un "état désespéré". Son décès a été annoncé jeudi.

"Soudain, un coup de poing est parti et le jeune a valsé contre le poteau... Les hommes avaient des crânes rasés, avec des vestes en cuir et des tatouages dans le cou", a raconté à l'AFP une femme témoin de la scène, survenue dans une rue piétonne du quartier de la gare saint-Lazare.

Sur les lieux, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a accusé "un groupe d'extrême droite" d'être "au coeur de cet assassinat". Jeudi soir sur France2, il appelait à se garder des '"amalgames" entre extrême droite et extrême gauche, en réponse au patron de l'UMP Jean-François Copé qui a demandé la dissolution des groupuscules violents des deux camps.

A l'instar d'un monde politique unanime, le président François Hollande a condamné "avec la plus grande fermeté l'agression" du jeune militant, tandis que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a souhaité que le gouvernement trouve les moyens pour "mettre en pièces" les groupes d'extrême droite.

"d'autres tuent"

Dans la soirée, plus d'une soixantaine de rassemblements en hommage à la victime ont eu lieu à Paris comme en province, des milliers de personnes manifestant aux cris de "Clément, Clément, antifa!", "No pasaran!" ou "pas de fascistes dans nos quartiers, pas de quartier pour les fascistes".

"Pendant que certains manifestent, d'autres tuent", pouvait-on lire à Toulouse sur une pancarte dont le verso interrogeait: "Humanité, où es-tu'"

Selon une source policière, les enquêteurs ont "rapidement disposé" de signalements précis et de photos des agresseurs présumés. D'après cette source et une source judiciaire, ils graviteraient autour du "noyau dur des JNR", les Jeunesses nationalistes révolutionnaires, et du mouvement affilié de la Troisième Voie, dont les JNR assurent notamment le service d'ordre.

Alors que son groupe était mis en cause dès mercredi soir par le Parti de Gauche, le leader des JNR, Ayoub, a réfuté toute implication, assurant à l'AFP que l'agression avait été initiée par les militants d'extrême gauche.

L'Action Antifasciste Paris Banlieue, à laquelle appartenait Clément Méric, a affirmé de son côté que des militants d'extrême droite "armés" avaient "identifié" la victime et ses amis "en tant que militants antifascistes". "Des invectives partent. Une agression mortelle s'ensuit, Clément tombe sous les coups", a ajouté le mouvement dans un communiqué.

Selon une source policière, "il y a eu invectives, bousculades et échanges de mots" entre les deux groupes. La victime "a été frappée par l'un des skins". Un coup extrêmement violent et peut-être porté avec un poing américain, selon des sources policières. Sous l'impact, la tête de Clément Méric est allée heurter "un plot".

Pour le coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, cette violence n'est "pas fortuite", mais le résultat d'"une culture méthodiquement inculquée et entretenue par des groupes d'extrême droite", selon lui, "liés" au Front national. Marine Le Pen, présidente du FN, a répondu que son parti n'avait "aucun rapport, ni de près ni de loin", avec "ces actes inadmissibles et insupportables".

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  • GLACEMA le vendredi 7 juin 2013 à 05:18

    Les extrêmes ne sont jamais bien bons. Dommage pour le jeune décédé et de la récupération politique que cela engendre. Après le mariage gay, le gouvernement va pouvoir trouver un nouveau cheval de bataille pour s'occuper. Au lieu de s'occuper du déficit Français