Mort de Christa Wolf, grande figure de la littérature allemande

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BERLIN (Reuters) - Christa Wolf, l'une des figures les plus célèbres de la littérature allemande contemporaine, est décédée à Berlin à l'âge de 82 ans, a annoncé jeudi son éditeur, Suhrkamp.

Née en 1929 à Landsberg an der Warthe, aujourd'hui en Pologne, Christa Wolf a témoigné dans ses oeuvres, qu'il s'agisse de romans ou d'essais, de la vie en RDA, mais aussi du passé nazi de l'Allemagne, ayant passé son enfance et sa jeunesse sous le IIIe Reich.

"Wolf était une figure extrêmement importante, considérée jusqu'en 1990 comme quelqu'un qui, prudemment autant que délicatement, a repoussé les limites de ce qui pouvait être dit en Allemagne de l'Est", explique Georgina Paul, spécialiste de la littérature est-allemande à l'université d'Oxford.

"Son oeuvre est associée à l'esthétique de la réflexion sur soi, mais elle pouvait avoir aussi une véritable force lyrique", ajoute Georgina Paul.

Très tôt engagée en faveur du régime socialiste de la RDA, ce dont témoigne son roman "Le ciel divisé", écrit au début des années 1960, Christa Wolf a vécu en Allemagne de l'Est jusqu'à la réunification allemande.

Devenue au fil des années de plus en plus critique envers le régime communiste, elle a participé aux manifestations de l'automne 1989, qui ont conduit à la fin du régime d'Erich Honecker et, peu après, à la chute du Mur. Sa réputation a pâti un temps des révélations sur sa collaboration passée avec la Stasi, la police secrète est-allemande.

S'il est avéré qu'elle a transmis des renseignements à la Stasi de 1959 à 1962, elle a témoigné dans ses propres livres (comme dans le récit "Ce qui reste") de la surveillance dont elle était l'objet au quotidien de la part des agents secrets.

Après la réunification allemande en 1990, certains lui ont reproché de ne pas s'être montrée plus critique envers la répression contre les milieux dissidents et de n'avoir quitté le SED (Parti socialiste unifié, alors au pouvoir) qu'en 1989.

En 2010, l'auteur de "Cassandre" a reçu le prestigieux prix Thomas-Mann pour avoir témoigné, dans son oeuvre, "des luttes, des espoirs et des erreurs de son époque".

Alexandra Hudson, Eric Faye pour le service français

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