Morsi en procès en Egypte pour complot "terroriste"

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L'EX-PRÉSIDENT MORSI EN PROCÈS EN ÉGYPTE POUR "COMPLOT TERRORISTE"
L'EX-PRÉSIDENT MORSI EN PROCÈS EN ÉGYPTE POUR "COMPLOT TERRORISTE"

par Michael Georgy

LE CAIRE (Reuters) - Mohamed Morsi a comparu dimanche devant un tribunal pour être jugé de complot avec des organisations étrangères en vue de commettre des actes terroristes en Egypte.

Délogé par l'armée en juillet un an après son élection, l'ancien président égyptien est actuellement jugé dans trois affaires distinctes et poursuivi dans deux autres dans le cadre de la répression engagée contre les Frères musulmans, dont il est issu.

L'affaire jugée dimanche est "le plus grand complot de l'histoire de l'Egypte", affirme l'accusation, qui évoque un "projet terroriste" datant de 2005 et impliquant le mouvement palestinien Hamas et le régime chiite en Iran avec son allié libanais du Hezbollah.

L'avocat de Mohamed Morsi, qui comparaît dans un box insonorisé, a menacé de se retirer du procès car il ne parvenait pas à entendre son client.

"De quoi avez-vous si peur? Avez-vous peur parce que vous n'avez aucun soutien de la population?" a demandé l'ancien président aux juges.

Au total, 36 personnes sont jugées dans ce procès pour divers crimes, dont exécution d'actes terroristes en Egypte et divulgation de secrets militaires à un pays étranger.

Outre Mohamed Morsi, sont jugés plusieurs autres responsables des Frères musulmans, déclarés organisation terroriste en décembre par le gouvernement mis en place par l'armée. Parmi eux figurent Mohamed Badie, Khairat al Chater et Mahmoud Ezzat.

PROCLAMER UN "ÉMIRAT ISLAMIQUE"

D'après le parquet, le projet des Frères musulmans consistait à envoyer des "éléments" dans la bande de Gaza pour y recevoir une formation militaire de la part du Hezbollah et des Gardiens de la révolution iraniens.

A leur retour en Egypte, ces "éléments" ont joint leurs forces à celles des groupes radicaux présents dans la péninsule du Sinaï, selon cette version du parquet.

Après le soulèvement populaire de 2011 ayant abouti au renversement d'Hosni Moubarak, ils ont profité du chaos en Egypte pour commettre des attaques contre les forces de sécurité dans le nord du Sinaï et ailleurs.

Si Mohamed Morsi n'avait pas été élu président en 2012, leur objectif était de proclamer un "émirat islamique" dans le nord du Sinaï, affirme le parquet.

Des collaborateurs de Mohamed Morsi, dont son conseiller à la sécurité nationale Essam el Haddad, ont transmis des informations secrètes aux Gardiens de la révolution iraniens et au Hezbollah pour les remercier de leur coopération, a poursuivi le procureur.

Le Hamas, qui dirige la bande de Gaza, a qualifié ces accusations de "constructions et mensonges".

Après la sévère répression engagée contre les Frères musulmans sur le plan intérieur, l'armée égyptienne entend désormais s'en prendre au Hamas, qu'il soupçonne de soutenir les activistes islamistes du Sinaï, ont déclaré des responsables des services de sécurité égyptiens à Reuters.

Le mouvement palestinien dément soutenir les rebelles du Sinaï.

Bertrand Boucey pour le service français

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