Moody's dégrade la note de la dette espagnole

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L'Espagne voit sa note réduite d'un cran de AAA à AA1, une dégradation qui peut augmenter le coût des emprunts nécessaires au refinancement de sa dette publique. Mais les marchés s'attendaient à une sanction plus sévère.

La sentence est tombée. Après Standard &Poor's qui avait dégradé la dette espagnole d'un cran (de AA+ à AA) en avril et Fitch de AAA à AA+ en mai, c'est autour de Moody's de sanctionner la situation économique de l'Espagne. La dégradation de la note est assortie d'une perspective stable, qui implique que Moody's n'envisage pas de procéder à un nouvel abaissement à court ou moyen termes. Toutefois, l'agence de notation n'exclut pas de revoir à la baisse la perspective d'évolution de la dette espagnole. Cela pourrait intervenir si le gouvernement du pays se montrait moins déterminé à mener à bien sa réforme des retraites et la réduction du déficit budgétaire.

Comme en juin dernier où l'agence de notation avait mis la dette de l'Espagne sous surveillance, Moody's justifie cette dégradation par «les faibles perspectives de croissance du pays par rapport à celles des autres pays notés AAA». «Le processus de rééquilibrage de l'économie, qui doit la rendre moins dépendante du secteur de la construction devrait prendre plusieurs années», note-t-elle.

Les marchés financiers s'attendaient à pire

Bien que cette dégradation ne soit pas une bonne nouvelle en soi pour les marchés financiers, ces derniers avaient plutôt intégré un abaissement de deux crans. «Une abaissement d'un cran serait déjà une bonne nouvelle», estime Jean-François Robin, stratège taux chez Natixis.

Quoi qu'il en soit, après cette décision de Moody's, l'Espagne pourrait bien faire face à une conjoncture dégradée en fin d'année. Le gouvernement espagnol s'attend ainsi à une contraction d'activité de 0,3% du PIB cette année, puis une croissance de 1,3% en 2011.

Le risque semble donc élevé de voir l'Espagne perdre l'indulgence des marchés. «Elle n'a rempli que 70% de son programme, espérant connaître en fin d'année de meilleures conditions de financement qu'au printemps», conclut Jean-François Robin. Madrid doit convaincre les investisseurs de lui prêter 27 milliards d'euros d'ici au 31 décembre.

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