Moody's abaisse la perspective de l'Allemagne et des Pays-Bas

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MOODY'S ABAISSE LA PERSPECTIVE DE L'ALLEMAGNE ET DES PAYS-BAS
MOODY'S ABAISSE LA PERSPECTIVE DE L'ALLEMAGNE ET DES PAYS-BAS

NEW YORK (Reuters) - Moody's Investors Service a annoncé lundi avoir abaissé de stable à négative la perspective sur les notes "Aaa" de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg, évoquant la possibilité de voir ces pays supporter l'essentiel du poids d'une éventuelle aide à d'autres Etats tels que l'Italie et l'Espagne.

L'agence de notation mentionne également la probabilité accrue de voir la Grèce quitter la zone euro, ce qui "déclencherait une série de chocs dans le secteur financier (...) que les responsables politiques ne pourront qu'amortir à un coût très élevé".

Moody's, qui souligne également que la croissance économique de la zone euro est à l'arrêt, précise que, d'ici la fin du troisième trimestre, elle évaluera les implications de ces développements sur les notes "Aaa" de la France et de l'Autriche, dont la perspective avait été abaissée en février.

"Les décisions annoncées prennent en compte les implications de certains développements de la zone euro, comme par exemple le risque croissant de voir la Grèce sortir de la zone euro, la probabilité accrue d'une aide pour d'autres pays de la zone euro et une croissance économique à l'arrêt", souligne Moody's dans un communiqué.

"D'ici la fin du troisième trimestre, Moody's évaluera également les implications de ces développements sur les notes 'Aaa' de la France et de l'Autriche, dont la perspective avait été baissée de stable à négative en février."

"Plus spécifiquement, Moody's examinera si ces perspectives sont toujours appropriées ou si une revue plus approfondie des notes est nécessaire."

En janvier dernier, Standard & Poor's avait ôté à la France et à l'Autriche leur précieux "AAA", la plus haute note possible, en y attachant une perspective négative.

Fitch Ratings, la troisième grande agence de notation, classe la France "AAA", avec une perspective négative.

LA FINLANDE DAVANTAGE À L'ABRI DE LA CRISE

Les Bourses européennes ont terminé en forte baisse lundi, les finances publiques de la Grèce et de l'Espagne ayant fait souffler un vent de panique sur la zone euro, malgré l'assurance du ministre espagnol de l'Economie que Madrid n'envisage pas de faire appel à un plan de sauvetage pour l'Etat, en plus de celui pour ses banques.

John Paulson, l'un des gérants de hedge funds les plus en vue, a dit lundi à ses clients que, selon lui, il y avait une chance sur deux de voir la zone euro éclater, selon un investisseur qui a voulu garder l'anonymat.

Réagissant à la décision de Moody's, le ministère des Finances allemand déclare que, malgré l'abaissement de la perspective du pays, la première puissance économique de la zone euro restait le pôle de stabilité de la région.

"Du fait de sa politique économique et financière rigoureuse, l'Allemagne conserve son statut de 'refuge' et continuera de jouer de manière responsable son rôle de pôle de stabilité dans la zone euro", précise le ministre des Finances dans un communiqué, ajoutant que les risques évoqués par Moody's n'étaient pas nouveaux.

Moody's souligne que, avec ses décisions sur l'Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg, elle a désormais une perspective négative sur tous les pays "dont les bilans devraient supporter l'essentiel du poids financier d'une aide".

L'agence n'a pas abaissé la perspective de la Finlande en raison d'un côté d'un système bancaire essentiellement domestique et, de l'autre, des échanges commerciaux limités avec le reste de la zone euro.

Moody's est la première agence de notation à abaisser la perspective de l'Allemagne.

Sur les quatre pays encore classés "AAA" par Standard & Poor's -Allemagne, Finlande, Luxembourg, Pays-Bas- seul le premier bénéficie d'une perspective stable.

Fitch attribue également un "AAA" à ces quatre pays, avec une perspective stable pour chacun d'entre eux.

Steven C. Johnson, avec la contribution de Jean-Baptiste Vey; Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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  • aemk le mardi 24 juil 2012 à 09:39

    La Merkel la ramènera moins et elle comprendra l'intérêt d'une solidarité européenne nécessaire sans pour autant laisser faire n'importe quoi ...

  • M1613438 le mardi 24 juil 2012 à 08:53

    approche bolcho:faire croire qu'en genant ceux qui travaillent,on peut aider ceux qui nefoutent rien !!

  • M5859377 le mardi 24 juil 2012 à 07:53

    c'est la meiLleure nouvelle qui puisse arriver: que les donneurs de leçons teutons se fassent dégrader eux aussi pour rééquilibrer les taux en Europe et surtout clouer le bec à ceux dont le sentiment de supériorité éxaspère la planète toute entiere: boycottons les produits allemands eux qui empechent toute voie de résolution de la crise en ligotant la BCE

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