Moody's abaisse la note du Crédit immobilier de France

le
1

LONDRES (Reuters) - Moody's a mis fin à des jours d'interrogations sur la santé de la Caisse centrale du Crédit immobilier de France (3CIF) en abaissant jeudi soir sa note de solidité financière à E/Caa1, faisant allusion à une possible nationalisation du spécialiste français du financement du crédit immobilier.

L'agence de notation, qui maintient les notes de crédit court et long terme sous surveillance négative, estime que le Crédit immobilier de France n'est désormais plus viable sans soutien financier, n'ayant désormais qu'un accès très limité aux marchés privés du refinancement.

Moody's remarque dans le même temps que la note long terme de la banque intègre désormais un potentiel d'amélioration de 12 crans en prenant en compte l'hypothèse d'une aide des autorités françaises à la liquidité du CIF à court et à moyen terme.

Ces dernières semaines, des banquiers ont redouté que le CIF ne soit contraint à une nationalisation à défaut de pouvoir trouver un repreneur. La banque, qui n'a pas d'activités de dépôts, est entièrement tributaire des marchés pour se financer et une dégradation de sa note de crédit par Moody's mettrait sa capacité à se refinancer à rude épreuve.

En début de semaine, la Banque de France a assuré que l'établissement avait une solvabilité satisfaisante. Son gouverneur Christian Noyer a néanmoins indiqué que les autorités françaises s'efforçaient de lui trouver une "solution pérenne".

UN TEST POUR HOLLANDE

Le scénario d'une nationalisation du CIF n'a jamais été formellement démenti par les autorités françaises. Un sauvetage serait en tout état de cause un sérieux coup dur pour le système bancaire français et un test grandeur nature pour le nouveau gouvernement.

Le président François Hollande a promis pendant sa campagne électorale de rendre le système bancaire plus sûr pour éviter aux contribuables de devoir payer la facture en cas de sauvetage d'une banque.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a confirmé le 9 mai à Reuters qu'elle avait demandé au groupe de suspendre les transactions sur certaines obligations sécurisées.

Plusieurs sources du marché ont dit que cette décision avait été prise parce que 3CIF n'avait pu déposer ses comptes avant la date limite du 30 avril.

Selon la presse française, la banque britannique HSBC a été mandatée pour trouver un repreneur au CIF. La piste d'un adossement à La Banque postale est évoquée.

La filiale bancaire de La Poste s'est toutefois refusée vendredi à tout commentaire, tandis que personne n'était joignable au Crédit immobilier de France pour une réaction.

Le groupe BPCE (Banque populaire - Caisse d'épargne), maison mère de Natixis, a démenti la semaine dernière tout intérêt pour un rachat du CIF.

"3CIF n'a pas d'autre choix que d'être nationalisé", explique un haut responsable d'une banque française. "Le groupe a déjà fait le tour des banques françaises et il semble que personne ne soit intéressé pour le racheter."

Une intervention de La Banque postale reviendrait alors à une nationalisation indirecte mais présenterait l'avantage de ne pas obliger l'Etat à intervenir directement.

Des banquiers considèrent par ailleurs qu'un soutien des pouvoirs publics permettrait à 3CIF de revenir sur les marchés pour se refinancer via une structure bénéficiant d'une note "double A", voire "triple A".

Le groupe 3CIF est toujours noté "triple A" par Fitch. Standard & Poor's a arrêté en novembre 2011 la notation du groupe à la demande de l'émetteur.

Aimee Donnellan, Matthieu Protard pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • hriey le vendredi 18 mai 2012 à 17:30

    Souvenez-vous : "Le Crédit immobilier de France dispose d'un niveau de solvabilité financière très satisfaisant" dixit Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, lundi dernier.