Montpellier: l'Opéra Junior ou comment l'art lyrique peut venir aux jeunes

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L'Opéra de Montpellier cynoclub/shutterstock.com
L'Opéra de Montpellier cynoclub/shutterstock.com

(AFP) - Marie Sénié vient de tenir son premier grand rôle. La jeune femme est membre depuis sa tendre enfance de "l'Opéra Junior" de Montpellier, structure unique en France permettant à des jeunes de participer à des spectacles d'opéra en conditions professionnelles, ouvrant souvent des vocations.

Pour quelques-uns comme Marie, 22 ans, le talent est une évidence, même si manque encore la maturité dans la voix. "Je suis ravie. L'an passé, j'avais partagé un rôle, cette fois, c'est mon premier grand rôle", se réjouit la jeune femme, qui est aussi au conservatoire. Elle raconte avoir vécu "une expérience incroyable" en interprétant la Princesse Laoula dans "L'Etoile", production présentée la semaine dernière.

L'Opéra Junior a été créé en 1990 pour ouvrir l'art lyrique aux plus jeunes, et à tous les milieux sociaux et culturels.

L'idée en revient à Vladimir Kojoukharov, un auteur d'opéras pour enfants. Son ambition, partagée avec Henri Maier, alors directeur de l'Orchestre Opéra national de Montpellier (OONM), était de leur offrir une vision globale de l'opéra.

"Les jeunes sont formés au chant, à la danse, au théâtre. Ils découvrent tous les métiers en côtoyant les compositeurs, les chefs d'orchestre, les musiciens, les metteurs en scène, les scénographes, techniciens ou costumiers", souligne Jérôme Pillement, chef d'orchestre et directeur de l'association depuis 2009.

L'Opéra Junior, qui compte 150 jeunes chanteurs et les accepte dès l'âge de 7 ans, a un objectif pédagogique mais ne délivre aucun diplôme. Les enfants, adolescents et jeunes adultes participent à des productions destinées à la Maison de Radio France, à la Cité de la musique, à des scènes nationales, des festivals...

Chaque année aussi un spectacle est produit avec des professionnels, à l'Opéra Comédie de Montpellier avec l'OONM et son orchestre. Par le passé, il y a eu "l'Opéra des Gueux" de John Gay, la "Petite renarde rusée" de Leos Janacek, ou encore "Brundibar" de Hans Krasa et Adolf Hoffmeister, interprété pour la première fois en septembre 1943 par les enfants déportés dans le camp de Theresienstadt.

- 'Quelle opportunité !' -

La semaine dernière, ce fut "L'Étoile", un opéra-bouffe d'Emmanuel Chabrier. Avec sur scène la classe "Jeune Opéra" (lycéens et étudiants recrutés sur auditions), seulement renforcée par deux jeunes pros, un ténor et une mezzo.

Il existe deux autres catégories: la "Classe Opéra", celle de Brundibar, pour les collégiens, recrutés aussi après auditions et le "Petit Opéra" pour les plus jeunes, les élèves de primaire (sans audition).

Pour l'avenir, l'Opéra Junior vient de recevoir un coup de pouce, la nouvelle directrice de l'OONM Valérie Chevalier ayant décidé de l'intégrer à l'établissement et souhaitant faire de plus en plus appel à lui pour la prochaine saison.

Certains jeunes chanteurs ont désormais embrassé une carrière lyrique. Même si aucune tête d'affiche ne se revendique de cette école. "Environ 3 à 5%, mais nous n'avons aucune statistique sur les réussites", dit M. Pillement. Une ancienne membre fait désormais partie des Pages et Chantres du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV), un autre s'est lancé dans une carrière de costumier.

"A l'Opéra Junior depuis 1999, je fais actuellement une école de jazz. Je ne sais pas encore ce que je veux faire. Mais quelle opportunité !", explique Clara Vallet, 23 ans, qui a aussi joué dans "L'Etoile".

Autre intérêt et pas des moindres, la présence de ces jeunes permet d'attirer un autre public: les écoles et lycées sont les premiers invités. Les parents, les frères et soeurs ou les copains viennent aussi forcément voir. Et, espère M. Pillement, tout ce monde va peut-être revenir.

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