Monti et Hollande remettent le TGV Lyon-Turin sur les rails

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FRANÇOIS HOLLANDE ET MARIO MONTI RELANCENT LE PROJET DE TGV LYON-TURIN
FRANÇOIS HOLLANDE ET MARIO MONTI RELANCENT LE PROJET DE TGV LYON-TURIN

par Elizabeth Pineau

LYON (Reuters) - La France et l'Italie ont relancé lundi à Lyon le projet de ligne ferroviaire transalpine Lyon-Turin, programme pharaonique et controversé de 25 milliards d'euros dont le financement reste à consolider.

Réunis à Lyon avec une partie de leur gouvernement pour le XXXe sommet franco-italien, François Hollande et Mario Monti ont réaffirmé le caractère prioritaire de ce projet qui suscite l'hostilité de défenseurs de l'environnement, dont plus d'une centaine ont manifesté à Lyon.

"L'Italie est le deuxième client de la France et le troisième fournisseur, nous devons avoir les liaisons qui correspondent à l'intensité de nos échanges", a fait valoir le chef de l'Etat français lors d'une conférence de presse avec le président du Conseil italien.

Pour que le projet aille à son terme, France et Italie doivent "continuer leur travail de conviction. Tout dépendra aussi du budget européen", a aussi rappelé François Hollande. "Cette liaison est une liaison européenne".

"Cela demande de la détermination et la capacité d'expliquer la finalité de ce projet", a renchéri Mario Monti, qui a annoncé que le prochain sommet franco-italien serait symboliquement organisé à Turin en 2013.

Le coût de la ligne à la grande vitesse dont la mise en service est prévue à l'horizon 2028-2029 est évalué à 25 milliards d'euros au total.

MILAN À QUATRE HEURES DE PARIS

La seule construction du tunnel sous les Alpes devrait coûter 8,5 milliards d'euros, dont 2,9 milliards pour l'Italie et 2,2 milliards pour la France, le solde de 3,4 milliards devant être à la charge d'une Union européenne qui a toutes les peines à s'entendre sur son enveloppe budgétaire 2014-2020.

La ligne doit permettre de basculer de la route vers le rail le transport de marchandises à travers les Alpes, augmentant considérablement le volume de fret entre les deux pays.

Milan, l'une des villes d'Europe les plus actives économiquement, ne serait plus qu'à quatre heures de Paris, contre sept aujourd'hui.

Le projet est contesté par des associations environnementales et des riverains. Environ 150 personnes ont manifesté lundi devant la gare des Brotteaux de Lyon, où a été déployé un important service de sécurité.

"Non au TGV Lyon-Turin, ni ici, ni ailleurs", "Moins de camions, plus d'emplois, pas de TGV", "Protégeons nos terres", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants.

Le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, s'est posé en défenseur du projet.

"Bien sûr c'est cher mais regardez ce qui s'est passé par exemple pour le tunnel sous la Manche", a-t-il dit à la presse. "On voit aujourd'hui que des régions comme celles du Nord-Pas-de-Calais repartent de l'avant parce qu'il y a eu ce type de réalisation et donc c'est fondamental, surtout dans les périodes de crise, de continuer à aller de l'avant".

La construction européenne a été l'autre grand sujet du sommet franco-italien.

Mario Monti et François Hollande ont réaffirmé leurs convergences de vues sur les négociations budgétaires, l'union économique monétaire ou la supervision bancaire, notamment en vue des prochains sommets européens.

Avec Lucien Libert, édité par Yves Clarisse

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