Montebourg se veut "au coeur des différentes gauches"

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MONTEBOURG SE VEUT "AU COEUR DES DIFFÉRENTES GAUCHES"
MONTEBOURG SE VEUT "AU COEUR DES DIFFÉRENTES GAUCHES"

PARIS (Reuters) - Arnaud Montebourg revendique un projet "au coeur des différentes gauches" et se réclame d'un socialisme incarné tant par l'ancien directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn que par Jean-Pierre Chevènement, l'ancien chef de file des souverainistes de la gauche.

Dans une interview publiée dimanche par Le Parisien-Aujourd'hui en France, l'ex-ministre du Redressement productif déroule son programme pour la primaire de la gauche en vue de la présidentielle de 2017, dont il est l'un des sept prétendants.

"Mon projet se situe au coeur des différentes gauches, la gauche sociale, la gauche du travail - je suis favorable à l'abrogation de la loi El Khomri -, la gauche des valeurs, la défense des libertés publiques, de la laïcité", dit-il.

"Je suis également favorable à la gauche entrepreneuriale", ajoute Arnaud Montebourg, qui estime que son socialisme est "incarné de façon contemporaine tant par Dominique Strauss-Kahn que par Jean-Pierre Chevènement" tout en soulignant que son projet "est aussi d'inspiration gaulliste, écologique et républicaine".

Prié de dire ce qui le distingue de ses principaux rivaux, Manuel Valls, Vincent Peillon et Benoît Hamon, il répond ne pas connaître les programmes des deux premiers et se déclare hostile à la dépénalisation du cannabis défendue par le dernier.

"Il ne faudrait pas que le candidat qui affrontera François Fillon soit un candidat social-libéral", indique-t-il encore.

MAINTIEN DU 49-3

Dans son programme, il reprend des thèmes qu'il défend de longue date comme l'instauration d'une VIe République par référendum, avec notamment une diminution de moitié du nombre de parlementaires, l'élection à la proportionnelle d'une "fraction" de l'Assemblée nationale et l'entrée au Sénat de citoyens tirés au sort, à raison d'un par département.

Alors que Manuel Valls propose de supprimer le recours à l'article 49-3 de la Constitution, Arnaud Montebourg estime nécessaire de pouvoir continuer à utiliser ce dispositif en matière budgétaire.

Sur le plan économique, il propose un plan de relance de 30 milliards d'euros sur trois ans, sous forme de dix milliards de baisse de la CSG (contribution sociale généralisée) pour les classes moyennes et populaires et 20 milliards d'investissements dans les infrastructures, ce qui permettrait selon lui de faire baisser de 500.000 le nombre de chômeurs.

Seuls dix milliards seraient financés via une suppression du crédit d'impôt compétitivité emploi "pour les grands groupes qui n'en ont pas besoin".

Le chantre du "made in France" entend aussi que 80% de la commande et des marchés publics soient réservés aux PME hexagonales.

S'agissant de l'Europe, il appelle de ses voeux un projet alternatif à la dérive "libérale et autoritaire, austéritaire" de l'UE, ce qui passe par la construction d'un "bloc réformateur radical contre le bloc conservateur qui existe dans tous les pays et dont M. Fillon fait partie".

Arnaud Montebourg propose enfin la création d'une mutuelle de soins "à prix modérés" dans le giron de Sécurité sociale et la mise en place d'un service national civil, militaire ou humanitaire de six mois.

(Yann Le Guernigou, édité par Pierre Serisier)

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  • Newinks il y a 9 mois

    Et quand il rentre au conseil d'administration de sociétés pour toucher de juteux tickets de présence c'est quelle gauche ?

  • rraclot il y a 9 mois

    Au deuxième tour je vote pour lui !