Montebourg et son "projet France" en lice pour 2017

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    * L'ex-ministre se lance dans son fief de Frangy-en-Bresse 
    * Il juge "impossible" de soutenir François Hollande 
    * Pas un mot sur la primaire socialiste 
    * Un programme anti-austérité en Europe, pro "made in 
France" 
 
 (Actualisé avec autres citations, détails) 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 21 août (Reuters) - L'ancien ministre Arnaud 
Montebourg s'est lancé dimanche dans la course à l'élection 
présidentielle de 2017, esquissant un "projet France" 
d'inspiration "socialiste mais pas seulement" doublé d'une 
sévère critique de François Hollande. 
    Deux ans après sa sortie du gouvernement, l'avocat de 54 ans 
a détaillé son projet dans un discours fleuve prononcé devant 
ses partisans réunis à Frangy-de-Bresse, son fief électoral de 
Saône-et-Loire.   
    "Je suis candidat à la présidence de la République", a-t-il 
déclaré sous les applaudissements. 
    "Je suis bien conscient des difficultés de la tâche à 
accomplir (mais) je suis convaincu que nous pouvons, cette fois, 
l'emporter", a ajouté l'ex-député, sans jamais évoquer la 
primaire que le Parti socialiste veut organiser en janvier.  
    Son "projet alternatif" pour la France est "un projet 
socialiste : oui, pour une grande part (...) mais pas 
seulement", a dit celui qui avait recueilli 17% des voix à la 
primaire PS de 2011, affirmant s'être aussi inspiré des idées 
écologistes et du "gaullisme social".  
    L'ancien allié de François Hollande devenu son détracteur a 
eu des mots sévères pour le chef de l'Etat.  
    "Il m'est impossible, comme à des millions de Français, de 
soutenir l'actuel président de la République", a-t-il dit.  
    Celui qui fut son ministre du Redressement productif de 2012 
à 2014 s'est adressé directement au locataire de l'Elysée, qui 
dira en décembre s'il brigue ou non un second mandat. 
     
    MONTEBOURG DEMANDE À HOLLANDE DE "BIEN RÉFLÉCHIR" 
    "Je lui demande de bien réfléchir à sa décision, de bien 
considérer les faits, de prendre en compte l'intérêt supérieur 
du pays, de mesurer la faiblesse inédite et historique qui est 
la sienne au regard des Français, d'affronter sa conscience, sa 
responsabilité, et s'il le faut, de lutter contre lui-même".    
    Arnaud Montebourg a présenté un programme prévoyant une 
relance économique via une annulation des hausses d'impôts de 
ces cinq dernières années et la mobilisation de l'assurance-vie 
pour aider les petites et moyennes entreprises. Entre 10% et 20% 
de l'épargne nationale y serait consacré.  
    Il n'a par ailleurs pas exclu de "nationaliser 
temporairement ou partiellement une des cinq grandes banques 
françaises" pour financer la "reconstruction" du secteur 
industriel. 
    Le chantre du "made in France" veut aussi réserver 80% des 
marchés publics de l'Etat, des collectivités locales et des 
hôpitaux aux PME de France, une mesure protectionniste contraire 
aux règles européennes.  
    "Je préfère payer les amendes plutôt que laisser mourir 
l'économie française", s'est-il justifié.  
    Comparant l'Union européenne à "une entreprise en faillite 
qu'il faudrait restructurer pour la sauver", il invite à "bâtir 
un nouveau projet qui devra déboucher sur un nouveau traité de 
Rome". Il prône entre autres l'abandon du plafond de 3% du 
déficit public autorisé au sein de l'UE, qu'il juge responsable 
de l'austérité.  
     
    RETOUR DU SERVICE NATIONAL  
    Face à l'insécurité et au terrorisme, le candidat Montebourg 
propose le rétablissement du service national obligatoire, civil 
ou militaire, pour une durée de six mois, à destination des 
jeunes hommes et femmes.  
    Vingt ans après la suppression du service militaire par 
Jacques Chirac, l'ex-ministre y voit une façon de soutenir les 
forces de l'ordre et une illustration du "beau mot de 
fraternité" pour des jeunes d'origines diverses "tous d'abord 
Français, et passionnément au service de la France."  
    Au chapitre institutionnel, Arnaud Montebourg propose de 
profondes réformes : retour au septennat, qui serait non 
renouvelable, réduction à 350 du nombre de députés (au lieu de 
577), à 200 du nombre de sénateurs (au lieu de 348), fin du 
recours à l'article 49.3 permettant l'adoption d'une loi sans 
vote, sauf pour les textes budgétaires. Il veut aussi réserver 
l'Ecole nationale d'administration (Ena), qui forme l'élite de 
l'administration, à des candidats ayant une expérience 
professionnelle.  
    Nommé ministre du Redressement productif après l'entrée de 
François Hollande à l'Elysée en mai 2012, Arnaud Montebourg a 
été écarté deux ans plus tard du gouvernement de Manuel Valls 
pour avoir multiplié les critiques, partagées par son collègue 
de l'Education nationale Benoît Hamon, lui aussi remercié. 
    Ce dernier a annoncé mardi sur France 2 sa candidature à la 
primaire du PS de janvier. 
 
 (Edité par Marc Angrand) 
 
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