montbleu finance - "Découplage des économies - Recouplage des incertitudes : Quand les différentes zones économiques se mettent à douter"

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Éric Venet, directeur de la gestion chez montbleu finance, nous fait part de sa vision de l'environnement macro-économique et des tendances à venir.

Dans la continuité du découplage de l'économie mondiale, chaque zone économique ne peut, à présent, compter que sur ses propres forces pour renouer avec la croissance, et ce, dans un contexte de ralentissement du commerce mondial. L'OMC vient ainsi de revoir sa prévision de croissance à +3,7% pour 2012, après les 5% affichés en 2011 et les 13,8% en 2010. Pourtant, malgré une croissance plus autocentrée, l'évolution de chacun des blocs économiques a une incidence sur les deux autres. Ainsi, les différentes interrogations sur les difficultés de chacun entretiennent-elles les doutes sur l'ensemble de l'économie mondiale.

- Les pays émergents ralentissent.

Le PIB chinois du 1er trimestre, en croissance de 8,1%, montre un ralentissement clair eu égard aux 8,9% affichés au 4e trimestre 2011. Malgré des ventes au détail, qui continuent de progresser (+15% par an), le recentrage de l'économie chinoise vers sa consommation intérieure au détriment de l'investissement (+20,9% contre +24%) et des exportations (+7,6% contre +10%), explique en partie ce ralentissement.

Le recul des importations de l'UE, les désastreuses répercussions des inondations en Thaïlande et le repli de la confiance des ménages chinois, affectés par l'inflation, rendent la situation un peu plus délicate. La Banque mondiale préconise de relancer la consommation intérieure et de relancer la distribution de crédits tout en évitant d'accentuer la bulle immobilière. Pour autant, seul un ralentissement de la dynamique inflationniste pourrait libérer les marges de man 1/2 uvre nécessaires du côté de la politique monétaire.

L'amélioration de la productivité et la hausse des salaires, dans toute l'Asie, devraient permettre de stimuler la consommation de l'ensemble de la zone.

Au Brésil, son premier partenaire commercial, la réduction de l'objectif de croissance chinois à 7,5% a entraîné une baisse de la demande du secteur minier et pétrolier, alors même que l'appréciation du réal continue de défavoriser les exportations industrielles. Le taux directeur brésilien a été ramené à 9,75% le 7 mars 2012. Si l'inflation se contient dans la cible (4,5%), ce dernier pourrait retrouver son plus bas historique de 8,75%, atteint en 2009, et relancer ainsi l'économie brésilienne. Conjointement, un plan de relance de l'activité économique, d'un montant de 35 Mds USD, vient d'être voté sous forme d'aides à l'industrie, compensées par des taxes à l'importation.

- Les États-Unis stabilisent leur croissance.

Pour la première fois depuis quatre mois, le nombre d'emplois créés est largement tombé sous la barre des 200 000 en mars. Si le taux de chômage est passé de 9,1% à 8,2% en huit mois, le rythme de création de postes est clairement trop faible et implique de rester prudent quant à la reprise économique. Le niveau encore élevé du chômage et la faible progression du revenu disponible restent donc encore une source d'inquiétudes. Les ménages américains continuent de consommer grâce au crédit. Si l'indice de confiance du consommateur sur la situation actuelle chute à un plus bas depuis quatre mois à 80,6 contre 86 précédemment, l'indice de confiance sur la situation future passe de 69,8 à 72,5, son plus haut depuis deux ans et demi. De leur côté, les indicateurs d'activité sont toujours bien orientés.

La réindustrialisation américaine continue. Si 472 000 emplois industriels ont été créés depuis janvier 2010, nous sommes encore loin des 6 millions d'emplois manufacturiers perdus depuis avril 1998, et ce, alors même que le taux de chômage dans l'industrie est encore de 7,6% contre 17,2% dans la construction, secteur visiblement le plus déprimé. Les statistiques sur l'immobilier restent, pour l'heure, mitigées, alors que, paradoxalement, les faibles taux d'intérêt et le recul des prix (au plus bas depuis janvier 2003) permettent au pouvoir d'achat immobilier des ménages d'atteindre son plus haut niveau depuis le début des années 70.

Pour peu que des doutes apparaissent quant à la solidité de la reprise, il se pourrait que l'arlésien QE3 émerge à nouveau, même si cette idée devient extrêmement minoritaire.

- L'Europe diverge par sa récession.

C'est bien du côté de la Vieille Europe que le problème demeure et que le doute persiste. Les PIB de la zone euro devraient encore reculer de 0,2% au 1er trimestre de cette année, puis stagner jusqu'au 3e trimestre avant de sortir de la récession. La vitesse de sortie dépendra essentiellement des conjonctures allemande et française.

Les deux LTRO de la BCE n'ont pas encore rendu possible le redémarrage du crédit. L'Allemagne continue de bénéficier de la demande des BRICs et de sa consommation intérieure. Si le Portugal et l'Italie semblent éviter de sombrer dans la spirale négative "austérité-récession", la situation de l'Espagne est plus délicate. Ses indicateurs conjoncturels continuent de se dégrader, malgré un nouveau plan de réduction budgétaire visant à contenir son déficit. En attendant, les taux espagnols se rapprochent dangereusement des 6% considérés comme insoutenables à terme.

La France, munie d'une nouvelle légitimité démocratique, devra, à son tour, montrer qu'elle poursuit ses efforts de contrôle de son déficit budgétaire.

L'inconnue la plus difficile à maîtriser est d'ordre politique. En effet, la démocratie va revenir sur le devant de la scène, en France ou en Grèce tout d'abord, en attendant les élections aux États-Unis en fin d'année. La Chine, quant à elle, changera d'équipe dirigeante en octobre.

montbleu finance est une société de gestion de portefeuille indépendante, agréée en octobre 2007 par l'Autorité des Marchés Financiers.

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