Monsanto rejette l'offre améliorée de Bayer sans fermer la porte

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MONSANTO REPOUSSE BAYER MAIS NE FERME PAS LA PORTE
MONSANTO REPOUSSE BAYER MAIS NE FERME PAS LA PORTE

(Reuters) - Monsanto, le géant américain des semences, a rejeté mardi l'offre d'achat améliorée présentée la semaine dernière par Bayer tout en se disant prêt à poursuivre des discussions avec le groupe allemand comme avec d'autres acquéreurs potentiels.

Le conseil d'administration de Monsanto a considéré à l'unanimité que la nouvelle offre de Bayer restait "financièrement inadéquate et insuffisante pour assurer avec certitude un accord" sur son rachat.

"Monsanto reste ouvert à la poursuite de discussions constructives avec Bayer et d'autres parties pour déterminer s'il est possible de parvenir à une transaction que le conseil d'administration considérerait dans le meilleur intérêt pour les actionnaires de Monsanto", a ajouté le groupe dans un communiqué.

Bayer a annoncé le 14 juillet avoir relevé son offre d'achat sur Monsanto à 125 dollars par action, soit trois dollars de plus qu'auparavant, pour la porter à 64 milliards de dollars (58 milliards d'euros) -- un montant record pour une offre en numéraire. L'allemand s'est en outre engagé à verser à sa cible une indemnité de 1,5 milliard de dollars si le projet devait échouer pour des raisons de concurrence.

L'action Monsanto reculait de 1,5% à 104,80 dollars en avant-Bourse à Wall Street après la publication du communiqué. Bayer de son côté perdait 1,09% à la Bourse de Francfort à 91,89 euros à 12h50 GMT, après un point bas à 91,32.

UN SECTEUR EN PLEINE CONSOLIDATION

Bayer a a indiqué qu'il examinerait avec attention la réponse de Monsanto.

L'accès aux informations confidentielles de Monsanto est devenu un point clé des discussions entre le groupe américain et Bayer depuis la première offre de ce dernier en mai.

La semaine dernière, le groupe allemand a affirmé avoir répondu à la totalité des questions posées par Monsanto sur le financement et les enjeux réglementaires de son projet, ajoutant être prêt à prendre des engagements envers les autorités concernées afin de parvenir à un accord.

Reuters a rapporté lundi que Monsanto allait exiger de Bayer qu'il relève de nouveau son offre avant d'accepter de se vendre.

L'industrie de l'agrochimie dans son ensemble, longtemps dominée par six mastodontes, pâtit de la baisse des prix agricoles et de la crise qui amène les exploitants à réduire leurs dépenses en semences et autres produits.

Ce contexte explique le mouvement de consolidation que connaît le secteur depuis plusieurs mois. Le suisse Syngenta, après avoir résisté l'an dernier à une tentative d'OPA de Monsanto, a accepté en février d'être racheté par le chinois ChemChina pour 43 milliards de dollars, quelques mois après l'annonce d'une méga-fusion de 130 milliards de dollars entre les chimistes américains Dow Chemical et DuPont.

En Bourse, à la clôture de lundi, Monsanto affichait une hausse de 5,3% depuis le relèvement de l'offre de Bayer jeudi alors que le cours de l'allemand accusait un repli d'environ 1%.

L'appétit de Bayer est contesté par certains de ses actionnaires comme la société de gestion Henderson Global Investors qui a réclamé un vote en assemblée générale sur le projet d'acquisition de Monsanto.

Pour Asim Rahman, le gérant de Henderson pour les actions européennes, une opération de cette ampleur constituerait un risque pour la solidité à long terme du groupe allemand.

Avec une participation de 0,7%, Henderson compte parmi les 20 principaux actionnaires de Bayer.

(Swetha Gopinath et Amrutha Ggayathri à Bangalore, Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français)

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