Moneta AM : " Nous sommes dans l'économie réelle"

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(NEWSManagers.com) - Romain Burnand, co-dirigeant de Moneta Asset Management


Romain Burnand, qui co-dirige avec Patrice Courty Moneta Asset Management, n'a pas l'intention de modifier l'approche de sa stratégie. Moneta AM est une boutique indépendante qui compte bien le rester et qui ne souhaite pas faire du développement à tout prix. La gestion d'OPCVM actions est le seul métier de la maison et son principal défi consiste à " continuer à bien gérer les fonds existants" ...


NewsManagers: Comment avez-vous traversé les dernières turbulences boursières?


Romain Burnand : L' année 2011 avait très bien commencé. Nous avions passé la barre du milliard d' euros d' actifs sous gestion en mars dernier. La collecte, qui s' élevait à plus de 200 millions d' euros au premier semestre s' est arrêtée brutalement à l' été. A fin août, les actifs sous gestion s' inscrivaient à 994 millions d' euros. Actuellement, les souscriptions sont à l' arrêt mais nous subissons aussi très peu de rachats.


NM: Comment se répartit votre clientèle?


RB: Depuis la création de la société en 2003, notre clientèle est très stable. Nous avons environ 50% d' investisseurs institutionnels et 50% de " retail" . Il y a quatre ans, nous avons toutefois décidé de nous diversifier auprès des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) Ndlr). Nous avons donc recruté un commercial et commencé à travailler sur ce nouveau secteur de croissance en 2008.


NM: Votre stratégie a-t-elle évolué entre-temps?


RB: Comme je vous le disais, notre décision sur les CGPI correspond avant tout à une volonté de diversification. Il n' est pas question pour nous de grossir pour grossir. Le niveau des encours n' est pas un sujet pour nous. Nous avons une taille suffisante. Et notre stratégie est toujours la même: consacrer l' essentiel de notre énergie à la performance des fonds que nous gérons. Nous avons des objectifs de performance, pas de collecte. D' ailleurs, nous ne gérons que quatre fonds : deux fonds actions traditionnels, un fonds micro Moneta Micro Entreprises (155 millions d' euros), un fonds d' actions françaises de toutes tailles Moneta Multi Caps (715 millions d' euros), et deux fonds actions européennes long/short, le Totem Fund (37 millions d' euros) et le Moneta Long/Short (56 millions d' euros).


NM: Vous n' avez donc pas de projets de développement dans vos cartons alors que vous avez enregistré des résultats plutôt flatteurs?


RB: Non, pas de plans de ce type. Nous avons un seul métier, la gestion d' OPCVM actions et nous n' avons pas de clientèle captive ou de gestion privée. Nous sommes une boutique indépendante et comptons bien le rester. Tout ce qui ne fait pas partie de notre c?ur de métier, l' informatique, la comptabilité, le contrôle interne, nous le sous-traitons. Notre culture est une culture de la différence. Notre principal défi, c' est de continuer à bien gérer les fonds existants. Dans cette perspective, nous passons beaucoup de temps à essayer de bien connaître les sociétés dans lesquelles nous investissons.


NM: Quelle type de sociétés recherchez-vous?


RB: Nous essayons de repérer les belles sociétés qui ont un problème passager et qui sont donc mal valorisées mais dont nous estimons que les fondamentaux sont sains. De ce point de vue, nous sommes plutôt value et contrarian. Nous avons développé nos propres modes de valorisation et c' est vraiment là que se trouve le moteur de notre process.


NM: Etes-vous attentifs aux problématiques de développement durable?


RB : Oui, nous appliquons un filtre ISR mais principalement sous l' angle de la gouvernance, pour vérifier par exemple l' alignement des intérêts des différentes parties prenantes de la société. Et je peux vous assurer que dans le compartiment des valeurs moyennes, l' examen du gouvernement d' entreprise est un filtre très efficace qui peut en particulier aider à éviter de graves erreurs. Nous ne sommes pas activistes dans le sens où nous ne devenons pas actionnaires pour essayer de changer la stratégie d' une société. Mais nous intervenons quand une opération nous parait contraire à l' intérêt de nos porteurs par exemple dans le cas du projet l' OPRO de Colony sur Buffalo Grill en mars 2006 finalement retoquée par l' AMF.


NM: Que pense le gérant d' actions que vous êtes du développement des ETF?


RB: Plus la gestion indicielle se développe, moins il sera difficile pour les gérants actifs de battre les indices. Les ETF ont un biais cyclique et nous pouvons à partir de là profiter des entrées et sorties des indices qui auront d' autant plus d' impact que la gestion indicielle aura du poids. Cette gestion a toute sa place et les ETF sont pour nous de bons concurrents. Cela dit, nous n' avons pas tout à fait la même approche que les fournisseurs d' ETF. Nous investissons dans des sociétés et nous pouvons ainsi participer au financement de leurs activités. Les fonds que nous gérons ont ainsi apporté 100 millions d'euros lors d' augmentations de capital à des entreprises de toute taille, et notamment à beaucoup de sociétés de taille moyenne. Nous sommes dans l' économie réelle.


NM: Vous êtes plus que jamais un stock-picker?


RB: Oui, et nous nous en félicitions. Car dans le contexte de crise permanente que nous connaissons actuellement, nous avons l' avantage de très bien connaître une centaine de sociétés dans lesquelles nous pouvons investir, ce qui nous permet si besoin est de mieux tenir une position et d' essayer de tirer profit d' évolutions incohérentes du marché.


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