Mondialisation : "Il faut lutter à l’échelle internationale contre le dumping social et fiscal" (Olivier Besancenot)

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Boursorama a envoyé 10 questions d'ordre économique à l'ensemble des candidats à la présidentielle.

3) Dans un contexte de forte mondialisation, quelles sont les solutions pour protéger nos entreprises et favoriser leurs exportations ?

Olivier Besancenot : La première solution n’est justement pas de favoriser les exportations, mais de réorienter la production vers la satisfaction des besoins sociaux. Ensuite, il faut lutter à l’échelle internationale contre le dumping social et fiscal.

Jean-Marie Le Pen : Face au dumping social en provenance des pays émergents, il existe plusieurs moyens de protéger nos entreprises. Et nous sommes les seuls à oser dire qu’un protectionnisme ciblé et limité est nécessaire à mettre en place. De façon à rétablir une concurrence loyale. Nous proposons parmi d’autres dispositifs (quotas d’importation, origine française exigée de 50% à 60% des composants constitutifs des produits importés) l’instauration de barrières douanières modulables et remboursables (dont l’originalité est de favoriser nos exportations).

Philippe de Villiers : L’Union européenne est l’union commerciale la moins protégée au monde. Ainsi, une chaussure fabriquée en France sera frappée de droits de douane de 68% en entrant en Inde. Lorsqu’elle fait le chemin inverse, les droits ne sont que de 4%. Pour lutter à armes égales contre les pays à bas salaires, je proposerai de restaurer des barrières douanières efficaces. J’imposerai à la Banque centrale de sortir de l’idéologie de l’euro fort et je lancerai une politique de promotion de nos produits nationaux en créant un label tricolore.

Ségolène Royal : Il faut donner les moyens à nos entreprises de lutter à armes égales au niveau mondial. D’abord en renforçant les moyens financiers et notamment les fonds propres des petites et moyennes entreprises, car ce sont elles qui créent des emplois et assurent l’avenir économique de la France. Or, les PME françaises exportent trois fois moins que leurs concurrentes allemandes. Ensuite, le développement à l’international nécessite d’atteindre une taille critique suffisante au niveau national et cela justifie l’adoption d’un « small business act » à la française qui permette en particulier de réserver une part de la commande publique aux PME. Enfin, notre réseau d’expansion économique à l’étranger doit savoir encourager les PME, dont la moitié n’exporte aujourd’hui que vers un seul pays, à pénétrer les marchés étrangers.

Dominique Voynet : Les grandes entreprises n’ont pas besoin d’être protégées. Elles ont réalisé l’an passé 100 milliards d’euros de profits, et je ne suis pas forcément favorable au concept de patriotisme économique. Tout dépend du projet de l’entreprise et de l’intérêt que peut avoir la fusion pour les salariés et pour les consommateurs. Quant aux PME, je vous renvoie à la réponse précédente. Concernant l’exportation, la fin prochaine du pétrole bon marché et le dérèglement climatique nous obligent à revoir le modèle qui consiste à vouloir à tout prix exporter des biens dans des pays qui les produisent également, et cherchent eux aussi à les exporter chez nous. Ce modèle génère des flux de transports inutiles, de la pollution, et de la congestion urbaine sans pour autant être créateur d’emplois, puisque les autres exportent aussi chez nous. Il ne s’agit pas bien sûr de défendre une économie autarcique, mais de s’interroger sur l’utilité de l’exportation. Nous devrons envisager des formes de relocalisation de l’activité pour réduire les volumes de transports. Autant s’y préparer.

Marie-George Buffet : Plutôt que la fuite en avant dans la guerre économique, au nom de la mondialisation, il est nécessaire de favoriser la demande globale mondiale notamment dans le cadre d'une politique de co-développement. Celle-ci s'appuierait sur un financement cherchant à s'émanciper de la domination des marchés financiers et du dollar, avant tout grâce à une toute autre utilisation de l'euro pour un tout autre crédit. Cette mesure pourrait être renforcée par une taxe sur les flux internationaux de capitaux financiers comme la taxe de Tobin ainsi qu'une réduction, voire une annulation, des dettes extérieures des pays en voie de développement. Cette création d'euro serait fondée à la fois sur des potentiels réels de nombreux pays et viserait une efficacité des financements. Il ne s'agirait d'une sorte de plan Marshall, de purs dons en euros et aussi des prêts sans intérêt de la BCE à des banques centrales de pays émergents et en voie de développement leur permettant des refinancements de crédits sélectifs longs, à taux très abaissé pour favoriser l'emploi et la formation ainsi qu'une nouvelle coopération pour l'efficacité sociale. Ils viseraient à favoriser les achats d'équipements de ces pays, notamment aux pays de l'Union européenne, pour la croissance réelle, l'emploi, la formation des deux côtés. Cela pourrait concerner les pays du sud de la Méditerranée, d'Afrique, de l'Europe de l'Est, d'Amérique latine, etc.

Lire l'intégralité du questionnaire économique envoyé aux candidats

Nicolas Sarkozy (UMP), François Bayrou (UDF), Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), Frédéric Nihous (CPNT), José Bové (Gauche antilibérale) et Gérard Schivardi (Candidat de Maires soutenu par le Parti des Travailleurs) n'ont pas répondu à ce questionnaire.
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