Mondial2022: décision l'an prochain sur les dates, dit Blatter

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PAS DE DÉCISION AVANT L?AN PROCHAIN SUR LE CALENDRIER DU MONDIAL QATARI, DIT SEPP BLATTER
PAS DE DÉCISION AVANT L?AN PROCHAIN SUR LE CALENDRIER DU MONDIAL QATARI, DIT SEPP BLATTER

par Brian Homewood

ZURICH (Reuters) - La Fifa a lancé des consultations pour savoir si la Coupe du monde prévue au Qatar en 2022 pourra se tenir comme d'habitude en juin-juillet, et aucune décision ne sera prise avant l'an prochain.

"Le comité exécutif a décidé de lancer un processus de consultations auprès des principales parties prenantes concernant les dates de Qatar 2022", dit Sepp Blatter, le président de l'instance dirigeante du football mondial, vendredi sur Twitter. "Aucune décision ne sera prise avant la Coupe du monde 2014", ajoute-t-il.

Il a également évoqué le droit du travail, affirmant que la Fifa ne "fermerait pas les yeux" sur les abus dénoncés par les médias, qui ont fait état de la mort de dizaines d'ouvriers népalais depuis le début de la construction des stades devant accueillir les matches.

Le Qatar a obtenu en décembre 2010 le droit d'organiser le Mondial 2022, une décision prise sur l'affirmation que l'événement se déroulerait bien en juin-juillet dans des stades climatisés pour combattre la chaleur.

Malgré les assurances du Qatar et son insistance à dire que le projet était viable, des interrogations sont nées concernant la santé des joueurs et des spectateurs.

Sepp Blatter a cependant affirmé en préambule à une conférence de presse vendredi qu'il était exclu d'organiser le tournoi ailleurs que dans l'émirat du Golfe.

ACTEURS SPORTIFS ET ÉCONOMIQUES

"La Coupe du monde 2022 sera jouée au Qatar. C'est sûr", a-t-il dit. "La décision a été prise ici-même en 2010 et il n'y a aucune raison de la remettre en question."

Sepp Blatter avait évoqué en juillet la possibilité de déplacer le tournoi à une autre période de l'année, espérant obtenir l'adhésion du comité exécutif. L'UEFA, instance dirigeante du football européen, avait également donné son accord le mois dernier pour que la compétition soit déplacée.

Pour autant, il a été demandé une consultation auprès d'autres organisations concernées, dont la puissante Association des clubs européens (ECA), qui compte plus de 200 membres parmi lesquels les clubs les plus riches et les plus puissants du Vieux Continent.

"Les parties prenantes comprennent les joueurs, les clubs, les ligues, les fédérations nationales, les confédérations et la Fifa mais ne sont pas uniquement sportives", a souligné Sepp Blatter. "Il y a d'autres partenaires, économiques, marketing, médias et télévisions. Nous devons assumer nos obligations envers ses partenaires (...) et donc examiner les moindre détails et montrer diplomatie et sagesse."

Karl-Heinz Rummenigge, président de l'ECA, a dit en septembre qu'il était inutile de se précipiter pour prendre une décision s'agissant d'une compétition prévue dans neuf ans.

Les clubs s'inquiètent évidemment des possibles répercussions financières d'un changement de dates, qui entraînerait la réorganisation des championnats nationaux.

DROIT DU TRAVAIL

Karl-Heinz Rummenigge a suggéré qu'avril 2022 pourrait être une alternative. Janvier-février et novembre-décembre ont également été évoqués.

Concernant le non-respect des droits des travailleurs au Qatar, le président de la Fifa a dit vouloir suivre l'évolution de la situation, tout en dégageant son organisation de toute responsabilité.

"J'exprime toute ma sympathie et mes regrets pour ce qui se passe dans tous les pays où des morts sont à déplorer lors de la construction de sites, en particulier quand cela concerne une coupe du monde", a-t-il déclaré.

Le journal britannique The Guardian a rapporté la semaine dernière que des dizaines d'ouvriers népalais étaient morts sur les chantiers qataris depuis l'été.

La Confédération syndicale internationale estime que 4.000 vies seraient en danger avant même le début de la compétition et que la réponse du Qatar, qui a promis d'augmenter le nombre d'inspecteurs du travail, est inadéquate.

Pour Sepp Blatter, "les droits des travailleurs sont de la responsabilité du Qatar et des entreprises (de construction)" et pas de la Fifa. "Mais nous ne fermerons pas les yeux", a-t-il assuré. "Une intervention peut uniquement émaner du Qatar lui-même et ils ont confirmé qu'ils le feraient."

Chrystel Boulet-Euchin pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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