Mondial: pas si simple, la Géorgie

le
0
LA GÉORGIE, UN ADVERSAIRE QUI POURRAIT DONNER DU FIL À RETORDRE AUX BLEUS
LA GÉORGIE, UN ADVERSAIRE QUI POURRAIT DONNER DU FIL À RETORDRE AUX BLEUS

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - La France devra battre la Géorgie vendredi au Stade de France pour progresser dans les qualifications pour la Coupe du monde 2014: simple en apparence mais plus complexe que le rang de l'adversaire ne le laisse penser.

Ce match a le défaut de précéder de quatre jours celui contre l'Espagne qui, même si le sélectionneur Didier Deschamps et les joueurs n'ont eu de cesse de repousser le sujet, est autrement plus attendu.

Il propose une de ces oppositions que les Bleus n'apprécient guère -une "petite" équipe qui s'appuie sur une défense très regroupée et les oblige à faire le jeu, pas tout à fait la qualité première de cette France encore en reconstruction.

Il semble un tremplin idéal pour lancer des jeunes très prometteurs et une opportunité de mettre au repos ceux qui risquent de manquer le choc avec les Espagnols en cas de carton, mais n'autorisera pour autant aucune approximation.

La Géorgie n'est que la 69e nation mondiale mais l'Espagne elle-même a failli laisser des plumes à Tbilissi en septembre dernier, quand il lui a fallu un but à la 86e minute pour venir à bout (1-0) d'un hôte qui avait bâti un mur devant ses buts.

Puisque la France entend disputer aux Espagnols la première place directement qualificative pour le Mondial brésilien -les deux équipes comptent sept points après trois matches-, ne pas battre la Géorgie à domicile serait rédhibitoire.

Didier Deschamps a donc fait de ce seul match l'objectif de la semaine de préparation des Bleus.

"La prochaine étape, c'est la Géorgie", n'a-t-il cessé de rappeler depuis l'annonce de son groupe, la semaine dernière.

"En interne, ce n'est pas quelque chose de très compliqué parce que les joueurs sont des compétiteurs. On a des objectifs très précis", a-t-il encore dit.

"PAS LE DROIT À L'ERREUR"

S'il était quand même besoin d'en persuader les joueurs, ils n'ont pas mis longtemps à retenir la leçon.

Interrogé sur la proximité du match contre l'Espagne et de la double confrontation du PSG avec le FC Barcelone en quart de finale de la Ligue des champions, Mamadou Sakho a par deux fois interrompu sa réflexion pour revenir à la Géorgie.

"Pour l'instant, on va se concentrer sur le match de vendredi qui est vraiment important. On n'a pas le droit à l'erreur", a dit Sakho, qui pourrait être associé en défense centrale à Raphaël Varane plutôt qu'à Laurent Koscielny, menacé de suspension contre l'Espagne en cas d'avertissement.

Pour éviter le piège, les Bleus ont appris à connaître les Géorgiens par vidéo notamment et se dirigent vers un système à deux attaquants afin d'avoir du poids devant le but et deux joueurs de couloirs pour étirer la défense adverse.

"C'est une équipe qui a eu contre l'Espagne une attitude ultra défensive, avec beaucoup d'agressivité. On risque de se retrouver dans la même situation, avec un bloc assez bas", a prévenu Deschamps.

Dans sa configuration habituelle -une pointe, trois milieux offensifs-, la France manquerait sans doute de solutions pour déstabiliser un adversaire qui, rappelait Deschamps, a évolué en "6-3-1" face aux Espagnols.

Du renfort ne sera donc pas de trop pour Karim Benzema, qui n'a plus marqué avec les Bleus depuis dix rencontres et s'est astreint mercredi, aux côtés de son probable partenaire Olivier Giroud et de Franck Ribéry et Mathieu Valbuena, à des exercices devant le but.

La solution pourrait aussi venir des milieux si l'équipe de France disposait d'une force de frappe suffisante. L'hypothèse Paul Pogba prend alors son sens.

Le joueur de la Juventus Turin découvre l'équipe de France à 20 ans et pourrait débuter, à la fois parce qu'il sait marquer de loin et parce qu'il permettrait de préserver deux des trois milieux menacés de suspension - Blaise Matuidi, Yohan Cabaye et Maxime Gonalons.

Didier Deschamps, en évoquant son cas comme celui de Raphaël Varane, lui aussi vierge de toute sélection, a souligné que la première cape n'était jamais anodine.

En cela, il vaudrait mieux leur accorder contre la Géorgie que dans un choc face à l'Espagne. Quand bien même le premier s'annonce moins simple qu'il n'y paraît et reste, aux yeux du sélectionneur, "le plus important".

Edité par Julien Prétot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant