Mondial: pas de victoire mais de l'espoir pour les Bleus

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PAS DE VICTOIRE, MAIS DE L'ESPOIR POUR LA FRANCE
PAS DE VICTOIRE, MAIS DE L'ESPOIR POUR LA FRANCE

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - L'équipe de France a perdu et a rendu la tête de son groupe à l'Espagne mais elle a livré mardi un match assez abouti pour envisager une qualification pour la Coupe du monde et, par-delà, un avenir intéressant.

Les champions du monde et d'Europe, surpris par un but en toute fin de rencontre à Madrid en octobre, ont su cette fois conserver leur avance et ont renvoyé les Bleus à la deuxième place, celle qui les promet à un barrage périlleux.

Mais ils n'ont pas non plus dominé outre mesure une équipe taillée pour les contrarier. Certes, l'Espagne a eu le ballon, sans partage, mais à écouter les joueurs après le match et le sélectionneur Didier Deschamps, c'était prévu.

Les Bleus avaient choisi une option, celle de jouer dans leur camp pour mieux assaillir celui de l'adversaire à la récupération d'un ballon que l'Espagne, qu'on lui en laisse le choix ou pas, n'abandonne que trop rarement.

A la différence du match amical contre l'Allemagne, en février, durant lequel l'équipe de France avait si souvent rompu dans l'axe, incapable de lire les inspirations de Mesut Özil ou les déplacements de Thomas Müller, elle a longtemps contrôlé mardi.

A tant courir après la balle, une équipe peut s'épuiser.

Mais à se montrer si disciplinée, si volontaire, elle peut parvenir à neutraliser un rival dont l'expression collective n'a pas d'équivalent dans le football de sélections nationales.

L'un après l'autre, les joueurs venus s'exprimer à l'issue du match ont rappelé que oui, la France avait choisi de défendre bas, de fermer au maximum les espaces, d'empêcher les Espagnols de trouver profondeur et vitesse dans les enchaînements.

A la qualité technique et collective de leurs adversaires, les joueurs de Deschamps ont opposé jusqu'au but de Pedro, et même après, leur détermination, ainsi que le notait le défenseur parisien Christophe Jallet.

"On savait que dans le jeu, ils seraient sûrement supérieurs à nous (...) mais dans l'envie, on s'est créé autant d'occasions qu'eux finalement", a-t-il relevé.

Jusqu'à l'ouverture du score, les faits lui donnent raison. Si l'on excepte l'occasion gâchée par Xavi après cinq minutes, les Espagnols n'ont pas su déstabiliser le bloc adverse, qui s'est parfois fissuré mais n'a jamais éclaté.

"ON S'EST APPROCHÉ"

Le but modifie forcément la lecture de ce match et si la meilleure occasion a été pour Franck Ribéry, il sera encore question de l'incapacité de Karim Benzema à marquer un but en Bleu - cela fait déjà plus de 1.000 minutes.

"Ceux qui étaient sur le terrain et qui sont entrés ont fait un vrai boulot et ce serait illogique de critiquer un tel ou un tel", a évacué Yohan Cabaye en évoquant les occasions manquées.

"Ce soir, on a tous fait les efforts ensemble. Les trois de devant ont fait aussi un énorme boulot défensif, c'est peut-être la cause de ce qui a péché aussi devant le but."

Pourquoi espérer, alors ?

Parce que la France ne rencontrera pas l'Espagne à chaque match et n'aura donc pas à s'épuiser autant à défendre.

Parce qu'avec un peu plus d'adresse ou de réussite, elle aurait pu ouvrir le score. Parce qu'elle aurait pu égaliser en deuxième période, par Blaise Matuidi, Ribéry encore ou Raphaël Varane en toute fin de partie. Au compte des occasions, mais pas seulement, les Bleus ont été au rendez-vous.

"On s'est approché de ces Espagnols, dans tout. Autant à l'Euro, il n'y avait pas photo, autant sur les deux dernières confrontations, c'est encourageant", a ainsi résumé Hugo Lloris.

Surtout, l'équipe de France a reçu le renfort de jeunes joueurs dont les prestations laissent entrevoir des jours heureux - Varane a été solide et précis derrière; Paul Pogba, avant son carton rouge dommageable mais sévère, avait été excellent.

Ces deux-là sont partis pour durer. Ils ont connu en quatre jours leurs deux premières sélections, à 19 et 20 ans, et il n'est presque plus question de savoir s'ils joueront mais qui sera à leurs côtés lors des prochaines échéances.

Pour l'heure, il ne leur manque que l'expérience dont Didier Deschamps a fait une des clés de ce match, rappelant qu'en face de ses Bleus, il y avait une formation "qui a trois titres en poche, ce qui se fait de mieux".

"Avec ce type de match, tu accumules de l'expérience. Il faut voir les choses positives et ne pas tout noircir. Le coach nous a dit qu'on pouvait être fiers de nous", a souligné Mathieu Valbuena.

Si Deschamps a félicité des joueurs auxquels il demande de vouloir gagner même à l'entraînement, c'est bien qu'il y a de l'espoir.

(Edité par Olivier Guillemain)

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