Mondial: les Bleus renversent l'Ukraine et vont au Brésil

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LA FRANCE AU BRÉSIL
LA FRANCE AU BRÉSIL

par Gregory Blachier

SAINT-DENIS, Seine-Saint-Denis (Reuters) - L'équipe de France s'est qualifiée mardi pour la Coupe du monde 2014 au Brésil en renversant l'Ukraine 3-0 au Stade de France, à l'issue d'une prestation aboutie, enthousiasmante et fidèle à ce qu'elle avait annoncé.

Les buts de Mamadou Sakho (22e), Karim Benzema (34e) et Oleg Gusev contre son camp (72e) ont permis aux Bleus d'être les premiers en Europe à remonter deux buts en barrages et de l'emporter 3-2 sur l'ensemble des deux rencontres.

Ils l'ont fait en livrant un match aussi plein que celui de Kiev avait été vide, en montrant qu'ils pouvaient, quand ils le voulaient, former un collectif. En livrant le "match total" que réclamait le sélectionneur, Didier Deschamps.

Ils ont gagné le droit de montrer leur bonheur et de le partager avec le public du Stade de France auquel Olivier Giroud, micro du speaker en main et entouré de ses coéquipiers, a fait entonner la "Marseillaise".

Ils avaient promis de se révolter, de mettre dans ce match l'intensité et l'engagement qu'ils avaient été incapables de montrer vendredi. Leurs dix premières ont donné le ton.

Le milieu à trois, renforcé par Yohan Cabaye dont la présence a libéré un Paul Pogba à l'énorme volume de jeu et brillant dans ses ouvertures, a exercé d'entrée un pressing volontaire.

Chacun s'est montré disponible, à l'image de Mathieu Valbuena, qui s'est procuré la première occasion (3e).

A la suite d'un corner, le ballon lui est revenu dans la surface mais sa frappe enroulée a été détournée par Andriy Pyatov. Le Marseillais a été pendant la première période un symbole du changement spectaculaire opéré en quatre jours.

Non qu'il eut été seul à l'incarner, car tous ont été à la hauteur cette fois. Mais sa capacité à se libérer du marquage, à jouer pour les autres, et la qualité de ses coups de pied arrêtés ont singulièrement tranché avec la faible copie rendue en Ukraine par Samir Nasri.

Les deux occasions suivantes sont venues sur des corners du meneur, placé à droite mais souvent présent aux côtés de Franck Ribéry et Karim Benzema. Le premier a vu la tête de Paul Pogba passer au-dessus. Sur le suivant, ce fut celle de Benzema.

Contraints de trouver un difficile équilibre entre la nécessité d'aller vite et celle de ne pas s'offrir aux contres ukrainiens, les Bleus ont légèrement ralenti le rythme.

S'est ensuivie une période plus incertaine et une séquence ukrainienne de trois minutes dans le camp français. Mais c'est là qu'est venu le premier but, encore sur un corner.

Mamadou Sakho, dont l'impact dans les duels a été précieux dès l'entame, a repris le ballon de près après une frappe de Ribéry joliment sortie par Pyatov.

ELLE L'A MÉRITÉ

Le Stade de France n'avait pas autant résonné depuis de longues années. Il a explosé. Puis il a cru au second but sur frappe de Pogba et surtout quand Benzema (30e) a accompagné la balle dans les filets avant d'être signalé hors jeu, à tort.

La pression est montée, les Ukrainiens acculés ont continué à envoyer leur avant-centre Roman Zozulia seul au front sur de longs ballons et les joueurs de Deschamps ont réglé la mire.

Cela n'a pas suffi sur une frappe de Valbuena, servi en retrait après une récupération hargneuse d'un Patrice Evra lui aussi transformé et un échange subtil entre Ribéry et Pogba.

Cela a payé trois minutes plus tard, sur une action initiée par Valbuena, prolongée par un centre de Mathieu Debuchy, prompt à prendre un couloir droit grand ouvert, et conclue par Benzema après une frappe contrée.

L'équipe de France était alors revenue à hauteur et, malgré une double alerte dans le temps additionnel, éteinte par un retourné de Sakho et un sauvetage de la poitrine de Debuchy sur une tentative de Iarmolenko, elle l'avait mérité.

L'entame de la seconde période a été à l'avenant et le sort s'en est mêlé quand le défenseur central Yevgen Khacheridi a été expulsé (48e) pour un second carton jaune après une grosse faute sur Ribéry, déjà victime privilégiée en première période de l'agressivité adverse.

Si Roman Bezus a fait passer des frissons dans les dos français sur une puissante frappe à côté (49e), les occasions se sont multipliées, grâce aux inspirations de Pogba et aux courses de Ribéry.

Matuidi (51e, 63e), Benzema (58e) et Ribéry (64e) ont vu le cadre se dérober. L'Ukraine a aussi eu sa chance mais Hugo Lloris veillait (70e).

Et le troisième but, celui de la qualification, est venu.

Incapables de sortir le ballon, les Ukrainiens ont fini par craquer sur une frappe de Ribéry. Sous la pression de Sakho, Oleg Gusev a envoyé le ballon dans sa propre cage.

La maladresse de Ribéry qui s'était ouvert le chemin du but (81e), et la parade splendide de Pyatov sur une tête d'Olivier Giroud (86e), ont empêché les Bleus de se mettre à l'abri.

Cela n'a pas eu de conséquences, si ce n'est de faire durer un peu le suspense.

L'équipe de France sera au Brésil et l'a mérité.

Edité par Simon Carraud

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